Provenance : collection privée
Magnifiquement construit, ce paysage fluvial nous offre un témoignage éclatant de l’appartenance pleine et entière de Jan Brueghel le Jeune à la grande lignée...
Mehr lesenProvenance : collection privée
Magnifiquement construit, ce paysage fluvial nous offre un témoignage éclatant de l’appartenance pleine et entière de Jan Brueghel le Jeune à la grande lignée familiale.
Ce tableau d’une grande finesse, bien équilibré et bénéficiant de coloris d’une rare fraîcheur, repose sur une composition relativement simple qui permet à l’artiste de développer avec brio son goût pour l’harmonie. Inspiré d’un sujet souvent traité par Jan Brueghel l’Ancien, le thème du paysage fluvial se voit repris avec beaucoup de talent, de finesse et de méticulosité.
Fenêtre ouverte sur le XVIIème siècle, le panneau prend vie devant nos yeux et nous entraîne au cœur du « plat pays ». L’homme et la nature semblent y cohabiter dans un équilibre parfait. Le ciel et l’eau dominent une composition imprégnée d’un bleu puissant et rehaussée par le blanc des nuages et le reflet du soleil dans l’eau. Cette couleur fraîche et lumineuse offre à la peinture une qualité certaine qui la lie intimement à la représentation du paysage du nord. De composition classique, l’œuvre est marquée par une forte diagonale qui part des berges sur notre gauche pour s’en aller vers l’horizon à droite.
La composition générale de ce paysage s’inspire d’une peinture sur cuivre de Jan Brueghel de Velours conservée au musée Wellington à l’Apsley House à Londres[1] et datée de 1607[2]. Cependant, Brueghel le Jeune n’hésite pas à procéder à quelques transformations qui conduisent à diminuer la place du rivage et a tout naturellement augmenter l’importance accordée à l’élément aquatique.
L’homme n’est évidemment pas absent du paysage. Outre le grand nombre de bateaux sillonnant sur le fleuve, l’avant-plan du cuivre fourmille de détails qui sont chers aux amateurs de l’œuvre de ce grand peintre. L’artiste illustre remarquablement la vie quotidienne de son époque, dépeignant avec soin les bateaux surchargés de passagers et de chevaux ou encore la tendresse avec laquelle un père prend son bébé des bras d’un marin venu l’aider à traverser la rivière. Comparés aux paysages des débuts du XVIe siècle d’Herri Met de Bles, dans lesquels l’homme se perd souvent dans une nature abondante, ce nouveau type de paysage initié par Jan Brueghel l’Ancien donne à l’être humain une place d’acteur. L’artiste crée un paysage basé sur une harmonie parfaite entre l’Homme et les éléments. Loin d’être un danger, l’eau est perçue ici comme un élément positif. Elle est en effet déterminante dans le développement du commerce maritime et du transport permettant à la population des Flandres de tirer avantage de leurs nombreuses voies fluviales.
La technique de coloriste de Jan Brueghel le Jeune, dont ce tableau offre une parfaite illustration, est souple et minutieuse. Elle joint l’extrême finesse de l’exécution à un rythme fluide et libre. C’est sans doute en elle que réside la grâce qui se dégage de chacun de ses paysages : ils concilient la précision analytique et une sensibilité atmosphérique nouvelle.
[1] Jan Brueghel l’Ancien, Paysage côtier avec embarcadère, 1606, cuivre, 27,3 x 40,6 cm, Londres, Wellington Museum, Apsley House.
[2] Klaus Ertz, Jan Brueghel der Ältere, vol. I, Lingen, 2008, p. 273-277, no. 124.
1601 - Antwerpen - 1678
Jan Brueghel der Jüngere wurde als ältester Sohn von Jan Brueghel, „Samtbrueghel“ genannt und dessen erster Frau, Isabelle de Jode am 13. September 1601 in Antwerpen...
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Jan Brueghel der Jüngere wurde als ältester Sohn von Jan Brueghel, „Samtbrueghel“ genannt und dessen erster Frau, Isabelle de Jode am 13. September 1601 in Antwerpen geboren.
Mit dem Tod seiner Mutter im Jahre 1603 verfinsterte sich seine Kindheit. Seine erste Einführung in die Kunst des Malens erhielt er in der väterlichen Malwerkstatt. Als er seinem fünfzehnten Lebensjahr entgegenging, überlegte sich sein Vater ihn nach Italien zu schicken, ein Vorhaben welches auf der Hand lag da der Samtbrueghel mit einem würdevollen Gönner in Mailand, dem Kardinal Borromeo, rechnen konnte. Die Abreise erfolgte erst im Mai 1622. Er hielt sich zunächst in Mailand auf wo er im Freundeskreis des Kardinals aufgenommen wurde bevor er seine Weiterreise nach Sizilien vornahm. Der plötzliche Tod seines Vaters im Jahre 1625 setzte seiner Reise ein jähes Ende. Zurück in Antwerpen am 12. August 1625 tritt er sogleich als Mitglied der Lukasgilde sowie der Kammer für Rhetorik bei, die den als „De Violiere“ bezeichnete Saal beherbergte. Dort wurde er ab 1630 zum Dekan ernannt. Er übernimmt die Leitung der väterlichen Malwerkstatt und führt zwischen 1625 und 1651 ein Tagebuch über seine Tätigkeiten. Im Jahre 1626 heiratete Jan die Tochter des bekannten Malers Abraham Janssens, Anne-MarieJanssens, in der Kathedrale Notre-Dame von Antwerpen.
Obwohl er den Bildmotiven seines Vater nahe stand, erneuerte er dessen Stil und passte sich dem Geschmack seiner Zeit an und ersetzte den vorherrschenden Manierismus mit einer realistischeren, einfacheren und fröhlicheren Malkunst.
In seinen besonders eleganten Blumenkompositionen verzichtet er auf eine kompakte Zusammenstellung und stellt jede einzelne Blume mit einem unvergleichbaren Relief als eine Einheit in sich dar und verleiht ihnen dadurch unglaubliche Schönheit. In seinen gosszügigen Malflächen bewegen sich die von ihm behandelten Formen freier und weisen eine Reihe von genauen und flinken Pinselstrichen mit ausladenden und kräftigen Konturen auf.
Die Aufmerksamkeit der Kenner ist heutzutage ganz auf ihn gerichtet, seine künstlerische Geschicklichkeit geht so weit, dass seine Werke häufig mit denen seines Vaters verwechselt werden. Die weite und ihn auszeichnende Spanne seiner Kunst, die nicht nur abwechslungs- und figurenreiche Landchaftsdarstellungen schuf, sondern auch Stillleben, waren hauptsächlich seinem sanften und samtartigen Farbengebrauch zu verdanken.
Seine von einem immer begeisterten Schwung getragenen und mit glatten und leuchtenden Farben ausgeführten Gemälde, die immer wieder ein Fest für die Augen dastellen, machen aus Jan Brueghel dem Jüngeren einen Vorläufer der modernen Malerei.