Provenance : collection privée
Lucas Cranach partit de Vienne en 1505 pour devenir le peintre officiel du prince électeur de Saxe, Frédéric le Sage, à Wittenberg. Cet évènement marque un...
Mehr lesenProvenance : collection privée
Lucas Cranach partit de Vienne en 1505 pour devenir le peintre officiel du prince électeur de Saxe, Frédéric le Sage, à Wittenberg. Cet évènement marque un tournant dans la carrière du peintre, qui resta jusqu’à la fin de ses jours au service de cette famille princière. La relation privilégiée qu’entretient Cranach avec cette dynastie favorise son ascension au sein de la bourgeoisie de Wittenberg et permet le développement d’un atelier capable de répondre aux diverses demandes de la Cour.
Frédéric le Sage meurt en 1525. Lui succède son frère, Jean le Constant. Ce dernier meurt en 1532 et son fils, Jean le Magnanime, hérite du titre. C’est durant cette même année que Jean le Magnanime commande à Cranach plusieurs portraits de son père et de son oncle destinés à être envoyés aux villes et aux princes ayant pris le parti du Protestantisme. Cette commande permet à l’artiste de créer une iconographie nouvelle du portrait qui n’a plus pour simple fonction d’entretenir la mémoire du prince électeur dans le cercle privée de la cour de Wittenberg, mais doit servir de « propagande » pour être diffusé à travers toute les régions d’Allemagne soutenant la Réforme. Martin Luther, qui initie le mouvement de contestation à l’égard de l’Eglise Catholique dès 1517, trouve refuge chez Frédéric le Sage. Wittenberg devint ainsi un des bastions de la nouvelle pensée religieuse. Le choix des princes électeurs de Saxe d’adhérer au mouvement de Luther et de lui offrir une protection, leur donna le statut de défenseurs officiels de la Réforme. En tant que peintre officiel de la Cour, Cranach fournira de nombreuses peintures destinées à promouvoir le message luthérien. Notre œuvre est l’un de ces portraits. D’autres panneaux commandés à partir de 1532 ont survécu jusqu’à ce jour et possèdent une composition similaire à notre tableau. C’est le cas notamment de la paire de portraits conservée au Metropolitan Museum of Art à New York ou encore celle de la Galerie des Offices à Florence ; chacune d’elles représentant Fréderic le Sage et Jean le Constant et datant de 1533.
L’artiste présente la figure de Frédéric le Sage devant un fond bleuté avec un deux textes imprimés marouflés, l’un en haut à droite et l’autre en bas du tableau. Le texte du bas est un poème écrit par Luther pour l’éloge funèbre de Frédéric le Sage. Le poème loue le prince de nombreuses vertus, mettant particulièrement en avant son rôle de gardien du mouvement protestant. Le tableau de Cranach est une alliance intime entre texte et image, où l’un fonctionne comme le support de l’autre, renforçant le message qu’il doit transmettre au spectateur. L’utilisation d’un texte imprimé et non de lettres peintes directement sur le panneau est également intéressante : ce geste rappelle l’importance accordée à la gravure dans les milieux humanistes réformés où l’imprimerie joua un rôle fondamental pour la diffusion des thèses et idées nouvelles.
Cette peinture semble avoir pour modèle les portraits de Frédéric le Sage peints par Cranach au début des années 1520 avant sa mort, tel que le tableau qui était conservé à Gotha et daté de 1522. Le portrait ne représente pas le prince dans un moment fixe dans le temps, au contraire, l’artiste cherche à donner à son sujet un côté intemporel. Il construit le visage d’un trait net et précis, délimitant soigneusement la ligne des yeux, du nez et de la barbe. Les différents volumes de la figure sont clairement définis par une luminosité très contrastée. Chaque élément est dessiné avec une sinuosité parfaite qui ressort d’autant plus fortement sur le fond bleuté. Le peintre dépeint Fréderic le Sage comme un dirigeant juste et un garant des lois morales, lui conférant un air de sagesse et de bienfaisance.
En nous offrant un portrait d’une grande beauté plastique basé sur une composition particulièrement claire et dessinée (qui saisit directement l’œil du spectateur par un procédé iconographique des plus réfléchis), Cranach réussit parfaitement à donner à ce portrait la force nécessaire pour devenir une des icônes de l’histoire de l’art.
1472 Kronach – Weimar 1553
Lucas Granach war einer der Säulen des künstlerischen Schaffens im Nordöstlichen Deutschland in der ersten Hälfte des XVI. Jahrhunderts. Er wird neben Hans Holbein...
Mehr lesen1472 Kronach – Weimar 1553
Lucas Granach war einer der Säulen des künstlerischen Schaffens im Nordöstlichen Deutschland in der ersten Hälfte des XVI. Jahrhunderts. Er wird neben Hans Holbein d.J. und Albrecht Dürer als einer der wichtigsten Repräsentanten der Deutschen Renaissance angesehen.
Er war gleichzeitig Maler und Graveur und mit Martin Luther und zahlreichen Humanisten befreundet. Er behandelte mit Erfolg religiöse und mythologische Szenen wie auch weibliche Aktdarstellungen die er häufig mit Lukretia oder Venus identifizierte. Bis 1498 erlernte er das Malhandwerk bei seinem Vater, Hans, unter dessen Einfluss er zunächst stand. Später begab er sich nach Wien, wo er sich scheinbar 1500 niederliess.
Die ersten von ihm bekannten Werke gehen auf diese Periode zurück, wo er sich mit religiösen Szenen auseinandersetzte, die durch leuchtende und ausdrucksvolle Farben seine aussergewöhnliche Kreativitätsgabe bestätigen. 1505 wird er Hofmaler der Kurfürsten von Sachsen . Er stattete ihre Schlösser aus, malte ihre Poträts sowie die ihrer Frauen, gestaltete Retabel und behandelte auch profane Themen. 1508 wurde Granach vom Kurfürsten Friedrich von Sachsen in den Adelsstand erhoben und erhielt seinen Wappenbrief mit einer geflügelten Schlange, die zum Signet des Künstlers wird. Seine Söhne Hans und Lucas gehörten zu seinen Gehilfen. Seinen Stil nachahmend spielten sie eine bedeutende Rolle in der Herstellung von Werken die aus seiner Werkstatt kamen.
Mit Ausnahme einer Reise im Jahre 1508 in die Niederlande, lebte der Künstler fast ununterbrochen in Wittenberg. Als wichtiger Bürger sass er 1519 im Stadtrat und war zwischen 1537 und 1540 Bürgermeister der Stadt. Trotz seines grossen, seine Zeit prägenden, Einflusses, blieb sein Werk jedoch den Gotischen Traditionen treu.