Provenance :
• collection Amsler et Ruthart jusqu’en 1872 ; Collection R. Zschille durant les années 1870 ; Collection Cichlar, Vienne ;
• vente à Hüneburg Braunschweig, 1953.
Vendu au Speed...
lire la suiteProvenance :
• collection Amsler et Ruthart jusqu’en 1872 ; Collection R. Zschille durant les années 1870 ; Collection Cichlar, Vienne ;
• vente à Hüneburg Braunschweig, 1953.
Vendu au Speed Art Museum de Louisville, Kentucky
Étonnant par son format, ce tableau l’est également par la précision et la délicatesse de son exécution.
Peintre animalier de talent, Carl Borromäus Andreas Ruthart fait preuve ici d’une réelle désinvolture quant à la facilité qu’il met à dépeindre de multiples espèces animales dans un contexte biblique. On perçoit dans cette extraordinaire illustration d’Adam nommant les animaux de la création sa compréhension extraordinaire de l’anatomie animale et son habileté évidente à la dépeindre. Chaque muscle, chaque poil se voit rendu avec éclat et précision. Bien loin d’une simple succession d’animaux qui réduirait l’œuvre à un simple exercice de style, l’artiste les fait s’intégrer "tout naturellement" au paysage rocheux.
À l’instar des plus belles compositions de Ruthart, on retrouve ici son goût pour les couleurs douces et fraîches que le peintre marie subtilement à un travail de la lumière fait d’ombres et de points lumineux parvenant à donner une personnalité toute particulière à la toile.
Le thème de ce tableau illustre un passage connu de la Génèse :
"L’Eternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerai l’homme.
Et l’homme donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs ; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui.
Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa place."
Génèse 2 : 19-21
Devant la subtilité des coloris, le raffinement de l’exécution picturale et la hardiesse toujours juste des détails de cette œuvre au format exceptionnel, le spectateur sort conforté de se trouver face à une œuvre majeure de Carl Borromäus Andreas Ruthart.
La majorité de ses œuvres importantes sont aujourd’hui exposées dans les plus grands musées du monde : on peut admirer au Louvre (Paris) une magnifique Chasse à l’ours. Le Getty Museum (Los Angeles) expose un passage de l’histoire épique d’Ulysse tandis que l’Histoire de Tobias pend au musée de l’Hermitage de Saint Petersbourg.
Vers 1630 Dantzig – après 1703 Aquila
Né dans le Saint Empire Romain Germanique, Carl Borromäus Andreas Ruthart voyagera très tôt en Italie. On trouve sa trace à Rome et à Venise entre 1652 et 1659. Son apprentissage terminé, il vint travailler à Anvers afin d’y parfaire ses connaissances.
Maître au sein de la guilde des peintres d’Anvers en 1664, Ruthart mit à profit sa renommée pour accepter de travailler à travers toute l’Europe. Il se rend ainsi à Ratisbonne puis probablement à Graz et en Styrie. Après 1672, il prit la décision de retourner définitivement en Italie et d’entrer dans les ordres comme moine célestin du couvent de Saint-Eusèbe à Rome.
Rentré dans les ordres, il continua à peindre un grand nombre de sujets profanes tels que de grandes scènes de chasse ou de combats d’animaux. Ce ne fut que sur le tard, retiré dans un couvent des Abruzzes, que Ruthart se consacra à célébrer la vie des ermites et des saints en prière.
Il est considéré sans conteste comme l’un des meilleurs peintres animaliers du XVIIème siècle