Peinture flamande et tableaux de maîtres anciens par la Galerie De Jonckheere



Monogrammé.
Provenance :
• vente Frederik Muller, Amsterdam, 14 mai 1912, lot n°102 ;
• collection Treusch von Buttlar, Brandenfels ;
• vente Sotheby’s, Londres, 11 mars 1964, lot n°132 ;
•...
lire la suiteMonogrammé.
Provenance :
• vente Frederik Muller, Amsterdam, 14 mai 1912, lot n°102 ;
• collection Treusch von Buttlar, Brandenfels ;
• vente Sotheby’s, Londres, 11 mars 1964, lot n°132 ;
• collection privée.
Héritier de la parfaite maîtrise de style de Bosschaert et de toute la finesse poétique de Savery, Balthazar van der Ast est aujourd’hui considéré comme l’un des acteurs majeurs dans la peinture hollandaise du début du XVIIe siècle. Fidèle à ses origines flamandes et redevable par certains côtés à l’école maniériste anversoise, cette œuvre est caractéristique du climat intellectuel et artistique qui régnait dans la République des Provinces Unies après 1600. Cette nature morte parvient en effet à combiner la précision du réalisme et la magie de la poésie. Ce genre de composition se devait d’enchanter tant les amateurs de peinture que les scientifiques avides de réalité botanique.
L’observation des fleurs avait pour but de provoquer chez le spectateur une expérience sensorielle qui le menait à une remise en question de lui même. Après l’étonnement dû à la qualité du tableau, venait une réflexion sur nos cinq sens et la manière de les tromper. Suivait ensuite un questionnement plus profond sur le sens de l’existence, basé sur un rapprochement entre la courte vie d’une fleur et l’existence humaine.
Iris, tulipes et roses aux couleurs bigarrées composent notre bouquet. Leurs boutons finement tracés se détachent sur le fond sombre et sourd du tableau et parviennent à rendre une idée de profondeur. Remarquablement exécuté, le vase se fond dans ce clair-obscur. Le pinceau du peintre joue avec l’ombre et la lumière tout en maîtrisant l’effet d’optique lié aux tiges baignant dans l’eau. Le pied du vase présente une découpe très originale, formé par de petits boutons de verre. Sur un entablement sobre, les autres éléments de notre nature morte sont disposés avec harmonie et délicatesse. Coquillages et insectes participent à la virtuosité de l’ensemble. Une grande conche présente une fabuleuse marbrure, dont le réseau veiné vacille de l’ocre à l’orange. La petite coquille est, quant à elle, traitée avec beaucoup de réalisme, tant ses aspérités semblent prononcées.
D’une facture particulièrement raffinée et d’une extrême distinction, ce panneau de bois respire une grâce retenue. Balthazar van der Ast fait sourdre le thème allégorique de la fragilité de la beauté avec les motifs de la mouche et du mille-pattes qui animent discrètement la composition.
1593 Middelburg - Delft 1657
Balthazar Van der Ast est né à Middelburg en 1593, au sein d’une riche famille de négociants. Le décès de ses parents survenu en 1609 le confrontera pour la première...
1593 Middelburg - Delft 1657
Balthazar Van der Ast est né à Middelburg en 1593, au sein d’une riche famille de négociants. Le décès de ses parents survenu en 1609 le confrontera pour la première fois à la peinture. Il vint en effet vivre chez sa soeur aînée Maria, mariée au célèbre peintre de natures mortes Ambrosius Bosschaert l’Ancien. Prenant soin du jeune frère de sa femme, le peintre fera travailler Van der Ast comme apprenti dans son atelier jusqu’en 1615. Déménageant à Utrecht, Balthazar fut inscrit en 1619 à la corporation des peintres. Il partit pour Delft en 1632 et y sera cité à la Guilde des peintres. Il épousa Magrieta van Bueren et résida dans cette ville jusqu’à sa mort en 1657.
L’influence d’Ambrosius Bosschaert fut déterminante dans la carrière de Balthazar van der Ast. Le choix de ses sujets, son goût pour des compositions élaborées, sa maîtrise du trait qui lui permettait de se surpasser en finesse et en virtuosité sont autant de preuves de la perfection de son apprentissage chez le fondateur de la brillante école de Middelburg. Le charme de ses œuvres et l’inventivité de ses compositions reposent cependant sur son approche très personnelle de la nature morte : arriver à allier la perfection technique du dessein et la poésie de l’ensemble. Epris de perfection, il exécutait ses tableaux avec la délicatesse et la précision du miniaturiste tout en ne perdant jamais de vue la nécessité de parvenir à créer un émerveillement poétique chez le spectateur. Afin d’étoffer et d’enrichir ses compositions, l’artiste n’hésitait jamais à ajouter des coupes, des plats en porcelaine de Chine, des paniers d’osier, ainsi que des coquillages aux formes capricieuses, évocateurs de contrées lointaines.
Il partageait avec Roelandt Savery un grand intérêt pour les petits animaux, les coquillages et les insectes et les introduisit dans ses compositions. Attiré par une vision intellectuelle, idéale et harmonieuse de la nature, van der Ast pouvait générer dans ses œuvres un sentiment d’étonnement dû à l’excellence du rendu tactile des plantes et des animaux tout en élevant par la suite l’état d’esprit du spectateur en l’entraînant dans une approche plus contemplative.
La contribution de Balthazar van der Ast dans l’histoire de la peinture est grande tant il a élargit et étendu le thème de la Nature Morte. Au-delà d’une recherche picturale réaliste, il veilla à choisir des coloris frais qui conféraient à la lumière un aspect lumineux presque irréel. Ce peintre de grand talent sut assimiler et renouveler le genre en mêlant le talent et la finesse de Bosschaert à la sensibilité de Savery. Son oeuvre représente la quintessence de la peinture de Nature Morte au XVIIe siècle dans laquelle l’ordonnance équilibrée des fleurs, le rendu tactile des objets se charge également d’une réflexion profondément morale : la vanité des végétaux suggérant le destin de l’homme.
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