Provenance : collection privée italienne.
En Flandres, les kermesses avaient lieu à l’occasion de la célébration des fêtes patronymiques des Saints à qui étaient consacrées les églises et les...
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En Flandres, les kermesses avaient lieu à l’occasion de la célébration des fêtes patronymiques des Saints à qui étaient consacrées les églises et les guildes des villes et villages du pays. Ces kermesses s’accompagnaient donc à chaques fois de processions religieuses, mais aussi de représentations théâtrales, de jeux et de concours de tir à l’arc.
La place du village, cœur de la fête, nous est présentée en vue plongeante. Ce procédé permet à Pieter Balten de s’attarder sur une foule d’épisodes divers. Regroupés ainsi, ils constituent une synthèse des réjouissances et permettent de présenter dans une même composition plus d’une centaine de personnages. La dominante d’accents vestimentaires rouges, typique chez Balten, fournit un élément de ponctuation rythmique supplémentaire, venant renforcer l’effet de joyeuse animation se dégageant des compositions du maître.
L’œuvre illustre la fête de Saint-Georges, comme l’indique la bannière de l’auberge à l’arrière-plan sur laquelle le Saint apparaît en armure. Après la traversée du village, l’arrivée à l’église du groupe particulièrement pittoresque de la procession a sonné le signal des festivités et la débandade des villageois en jeux, rixes, danses, beuveries et ripailles. Au son de la cornemuse, des couples dansent une folle farandole, mêlant joyeusement hommes et femmes. Comme c’est souvent le cas dans ce genre de compositions, l’atmosphère est plus joyeuse que disciplinée. Des couples s’étreignent et s’embrassent malicieusement. Chez ce peintre, proche de la sensibilité de Brueghel, les scènes de kermesse seraient incomplètes sans allusions érotiques. Devant l’auberge de Saint-Georges et dans la grande grange, une foule abondante boit et mange ensemble. Beaucoup sont éméchés voire saouls. Un homme, qu’un excès de boisson a rendu malade, se roule à terre aux pieds des danseurs sans que ceux-ci n’y prêtent la moindre attention. Fait particulier, le théâtre en plein air entouré d’une foule de badauds n’est pas, comme à son habitude, relégué à l’arrière-fond de la composition, mais occupe au contraire le centre du tableau. On y joue la farce éternelle du mari trompé sous le regard hilare des villageois.
Directement inspiré par l’une des plus belles kermesses bruegheliennes qui nous soient parvenues(1), Pieter Balten nous impressionne par le dynamisme de sa composition et par la taille du tableau. En peignant de telles fêtes villageoises, il rejoint Pieter Brueghel et Martin Van Cleve comme spécialiste d’un genre qui marqua de son empreinte l’image de la gaîté et de la désinvolture, de l’humour paysan et de la vie simple à travers les siècles.
(1) Pieter Brueghel le Jeune, Kermesse avec théâtre et procession, exposée au Fitzwilliam Museum de Cambridge ainsi qu’une autre version exposée aujourd’hui aux musées royaux des beaux arts de Bruxelles.
1525 – Anvers – 1598
Maître à Anvers dès 1540, son inscription à la guilde est antérieure de onze ans à celle de Pieter Brueghel l’Ancien. Avant d’entrer dans la corporation des peintres, il avait...
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Maître à Anvers dès 1540, son inscription à la guilde est antérieure de onze ans à celle de Pieter Brueghel l’Ancien. Avant d’entrer dans la corporation des peintres, il avait déjà travaillé avec Pieter Brueghel sur un triptyque destiné à l’église Rombaut à Malines. Ceci démontre les rapports qui existèrent très tôt entre les deux maîtres.
Bien que l’influence et le génie de Pieter Brueghel soient prépondérants, on ne peut nier l’existence d’une influence mutuelle et une interaction qui se remarquent tout au long de leur carrière.
Plus tard, Pieter Brueghel le Jeune n’hésitera pas à s’inspirer des compositions ou des desseins de Balten pour étoffer ses propres œuvres.
Cet artiste se consacre entièrement à un genre qui devient très en vogue à son époque : le pittoresque folklorique de la vie populaire. Il est l’un des premiers à s’attarder sur les grands mouvements de foule qui se déploient lors des kermesses et des fêtes. Ses personnages, très colorés et tracés avec énergie, ont le sens de la comédie et de la farce.
Le style de Pieter Balten se caractérise par des formes nettement délimitées, cernées avec énergie, et des coloris audacieux pour l’époque, comme ses rouges vifs qui contribuent à détacher les figures du décor et surtout à communiquer aux réjouissances villageoise une gaieté exubérante.