Provenance : collection privée.
Figure marquante des prémices du développement de la nature morte en Flandre au début du XVIIe siècle, Osias Beert est resté longtemps méconnu : son nom n’a été...
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Figure marquante des prémices du développement de la nature morte en Flandre au début du XVIIe siècle, Osias Beert est resté longtemps méconnu : son nom n’a été sorti de l’oubli qu’en 1938, au moment où le genre pictural retrouvait une grande vogue chez les amateurs et collectionneurs.
Depuis, l’on sait qu’inscrit comme élève chez le peintre Andries van Baseroo dès 1596, Osias Beert accède à la Maîtrise en 1602. Le 8 janvier 1606, il épouse Margarita Ykens, tante du peintre Frans Ykens. Un fils, Osias Beert le Jeune, baptisé le 14 avril 1622, naquit de cette union et devint à son tour peintre de natures mortes.
Membre de 1615 à 1623 de la célèbre confrérie De Olijftak, Osias Beert fut, suivant une pratique courante à l ‘époque également marchand de liège. Cinq élèves, en marge de son propre fils, lui sont aujourd’hui connus : Fr. van der Borcht (1610), P. Doens (1611), son neveu Frans Ykens (1615), P. Pontius, célèbre graveur (1616) et J. Willemsen (1618).
Soucieux de compositions harmonieuses où une attention méticuleuse au détail se conjugue à des arrangements très précis de formes lisibles et détachées les unes des autres, Osias Beert juxtapose généralement comestibles, objets de vaisselle et bibelots précieux sur le plan incliné d’une table, en les situant sur divers plans de profondeur pour plus de lisibilité. Cette présentation frontale et distributive encore archaïque, l’exécution très soignée d’un réalisme virtuose ancré dans la tradition flamande, les fonds abstraits et sombres et les couleurs vives et émaillées sont autant de caractéristiques récurrentes d’une œuvre qui situe d’emblée Osias Beert comme le chef de file de la première génération de peintres flamands spécialisés dans la représentation de banketjes.
Ses compositions florales, le plus souvent denses et somptueuses, se signalent par leur réalisme précis et des coloris d’une extrême diversité.
Usant tour à tour de tons profonds ou éclatants, Beert parvient toujours à maintenir un équilibre harmonieux entre forme et couleur et à produire des compositions qui, au travers des siècles, exercent toujours la même fascination chez le spectateur.
Dans l’extrême simplicité de sa mise en page cette nature morte concentre la quintessence de l’art raffiné qui place Osias Beert au tout premier rang des pionniers du genre de la nature morte en Flandre. Une simple coupe en porcelaine Wan-Li garnie de poires, pêches et abricots suffit au peintre pour réaliser une composition opérant avec un charme immédiat sur le spectateur.
La translucidité émaillée des glacis se voit rehaussée par le contraste entre les tonalités chaudes et éclatantes des fruits et celles plus douces et assourdies de la coupe en porcelaine.
L’idée de vanitas, inhérente au genre, est explicitée ici par les trous de ver et autres traces de corruption probable que l’on peut déceler dans la peau charnue et les feuilles des fruits représentés.
La préciosité de ce petit panneau est accentuée par la rareté des compositions à simple motif dans l’œuvre d’un peintre plus généralement versé dans la réalisation de grandes tables dressées aux multiples éléments. C’est ainsi que l’on retrouve une coupe de fruits similaire dans le Vase de tulipes à quatre plats de fruits et un verre (panneau, 56 x 78 cm. Cf. E. Greindl, Les peintres de nature morte en Flandre au XVIIe siècle, Bruxelles, 198, p. 32, cat. n°72, fig. 12) ou encore dans le Banketje aux quatre plats de fruits et friandises et au bocal de verre (panneau, 65,3 x 83,5 cm. Cf. E. Greindl, Les peintres de nature morte en Flandre au XVIIe siècle, Bruxelles, 198, p. 34, cat. n°85, fig. 16) sur le rebord de l’entablement duquel se déploie un papillon semblable à celui de notre composition.
On y retrouve également le motif central de la pêche coupée en son milieu, un élément récurrent dans l’œuvre de Beert et ayant quasiment force de crypto- signature.
1580 - Anvers - 1623
Maître à Anvers en 1602, Osias Beert est resté longtemps méconnu et n’a été sorti de l’oubli qu’en 1938, au moment où la nature morte allait retrouver une grande vogue chez...
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Maître à Anvers en 1602, Osias Beert est resté longtemps méconnu et n’a été sorti de l’oubli qu’en 1938, au moment où la nature morte allait retrouver une grande vogue chez les amateurs et collectionneurs. Comme Flegel en Allemagne, Osias Beert est l’une des figures marquantes des premiers temps de la nature morte en Flandre. Il établit ses compositions en juxtaposant sur le plan incliné d’une table des comestibles, des objets de vaisselle et des bibelots précieux. Il situe également ses éléments disparates sur des plans de profondeur différente afin de les peindre dans leur intégralité. Ses compositions sont encore de présentation frontale et se détachent sur un fond sombre et abstrait, exprimant ainsi un certain archaïsme de la nature morte, très recherché des collectionneurs contemporains. L’exécution, très soignée, attire l’œil par la virtuosité du trait et la magie des couleurs vives et lisses. Osias Beert est sans conteste reconnu aujourd’hui comme le chef de file de la première génération de peintres flamands spécialisés dans la nature morte.
Ses tableaux de fleurs faits de bouquets denses ou somptueux sont d’un réalisme précis et leurs coloris d’une extrême diversité. Tonalités profondes ou éclatantes, l’équilibre est harmonieux entre la forme et la couleur. Chez Osias Beert, en véritable peintre flamand, le grand art est toujours le produit d’une maîtrise des moindres détails qui, mis bout à bout, composent toute la richesse et le charme de l’oeuvre.