Provenance : collection privée.
Typique du style d’Osias Beert, la conception de ce panneau est à la fois simple et équilibrée. Un nombre restreint d’éléments se détachent avec netteté et...
lire la suiteProvenance : collection privée.
Typique du style d’Osias Beert, la conception de ce panneau est à la fois simple et équilibrée. Un nombre restreint d’éléments se détachent avec netteté et précision d’un fond uni sans bénéficier d’aucune surcharge décorative. La présentation de la nature morte se veut frontale, tandis que les objets sont simplement distribués sur le plan incliné d’un entablement de bois tel que le voulait la tradition picturale en cette fin du XVIe siècle.
Beert le Jeune, en grand coloriste, exalte les tonalités vives et onctueuses du tableau. L’équilibre entre formes et couleurs ainsi que l’alternance harmonieuse entre vides et pleins sont particulièrement réussis. Peintre essentiellement visuel, Osias Beert observe la réalité avec une attention soutenue et la rend avec la précision du graveur. Il apporte un soin bien particulier dans la manière de retranscrire les reflets de lumière qui jouent dans les verres. Il parvient à donner à ces objets un aspect phosphorescent, comme s’ils surgissaient de l’ombre. Avec un sens aigu des volumes, notre artiste s’efforce de restituer pleinement la matérialité des aliments. Ses coloris chauds et vibrants incitent le spectateur à participer au festin.
La multiplicité des formes et des matières atteste son goût des objets précieux. Il associe ainsi une nourriture riche et variée aux plats en étain, aux bols en porcelaine sans oublier les somptueux verres travaillés à la pince par des artisans vénitiens établis à Anvers. Leurs formes, décors et matières sollicitent l’attention du peintre et lui fournissent par la même l’occasion d’étaler sa virtuosité technique.
L’ordonnance élaborée de la composition et l’extrême raffinement du rendu des matières en font une œuvre tout à fait exceptionnelle.
1622 - Anvers - vers 1678
Fils d’Osias Beert le Vieux, il entra dans la Guilde de Saint Luc d’Anvers en 1645. Il perpétua l’art de son père. Ses natures mortes sont composées de façon récurrente de comestibles et d’objets de vaisselle sur un plan incliné. La présentation frontale et distributive permet de détailler les éléments colorés sur un fond sombre et neutre.
Son talent personnel, sans atteindre la perfection de son père, en fait cependant une des figures marquantes parmi les peintres de natures mortes du milieu du XVIIe siècle. Il fait partie avec Jacob van Es et Frans Ykens de la seconde génération des maîtres de natures mortes archaïques.