Provenance :
Collection privée
Les tableaux de Jan Brueghel de Velours se dévoilent sous un nouveau jour dans les œuvres de Joseph Bredael. Pensionnaire du Duc d’Orléans, cet artiste doté...
lire la suiteProvenance :
Collection privée
Les tableaux de Jan Brueghel de Velours se dévoilent sous un nouveau jour dans les œuvres de Joseph Bredael. Pensionnaire du Duc d’Orléans, cet artiste doté d’une réelle finesse d’exécution, permet la diffusion des œuvres de maître anversois. Cette scène villageoise animée de personnages avec vue sur l’embarcadère d’un canal propulse le spectateur dans les meilleures compositions paysagères imaginées par les Brueghel.
Novateur en son temps, ce ravissant paysage fluvial illustre de manière novatrice les recherches de la profondeur dans le paysage flamand. Selon un dispositif simple et efficace, l’avancée de terre et le fleuve forment deux triangles dont les sommets se rencontrent en un point de fuite. A l’horizon, se dessine subtilement une église traitée en blanc sur un fond bleu profond. Bredael montre ici sa capacité à intégrer des préceptes techniques tout en appliquant sa propre palette chromatique.
Cette composition n’est pas sans rappeler de célèbres œuvres peintes de la main de Jan Brueghel le Jeune, qui lui aussi admire et reprend les compositions paternelles. Dans les panneaux du musée d’Anvers, ou de Münich, on retrouve cette même compréhension de l’espace, mais aussi ce goût anecdotique pour les personnages aux vêtements bigarrés. Dans une lumière contrastée, à l’abri des arbres sur la rive, se sont toujours les mêmes scènes qui animent le paysage. Certains accostent leur barque, d’autres transportent des provisions. Deux vaches scrutent l’arrivée des habitants chargés de vivres, tandis qu’au fond, au village la vie suit son cours. Ponctués de vibrantes couleurs, allant du rouge somptueux au rose tendre, ces pêcheurs et autres villageois, donnent à cette scène tout son sens.
Considéré avec raison comme l’un des meilleurs suiveurs de Jan Brueghel l’Ancien, Joseph van Bredael se présente avec cette scène villageoise animée de personnages avec vue sur l’embarcadère d’un canal comme le digne successeur d’une grande lignée de peintres, voir l’un de ses plus admirables représentants.
1688 Anvers - Paris 1739
Frère de Jan Pieter, Josef van Bredael fut un paysagiste flamand, membre d’une longue lignée de peintres. En 1706, à l’âge de dix-huit ans il s’engage pour une durée de...
lire la suite1688 Anvers - Paris 1739
Frère de Jan Pieter, Josef van Bredael fut un paysagiste flamand, membre d’une longue lignée de peintres. En 1706, à l’âge de dix-huit ans il s’engage pour une durée de quatre ans à copier, pour le marchand anversois J. de Witte, des petits tableaux de Jan Brueghel de Velours, de Philippe Wouverman et d’autres artistes. En 1735, il émigre à Paris. Il devient membre de l’Académie royale de la cour du duc d’Orléans.
Ce peintre au style encore fort méconnu, signait ses tableaux avec le monogramme JB comme Jan Brueghel d’où parfois une certaine confusion. Essentiellement paysagiste, Josef van Bredael s’inspire des compositions bruegheliennes tout en conférant à son interprétation l’esthétique propre à son époque. S’attachant aux détails, il fignole les personnages et le décor à la manière d’un miniaturiste. Il excelle particulièrement à indiquer la succession des plans par l’artifice d’écrans latéraux et par un chromatisme subtil et nuancé qui, chez lui, s’oriente vers des tonalités à dominantes bleues et brunes, mais toujours douces et subtiles.
Si les compositions et les motifs sont quelque fois empruntés à Jan Brueghel, il confère une note personnelle à la touche et au modelé de se figures. La représentation du cheval est particulièrement caractéristique, avec des pattes minces, un tronc puissant et une tête étrangement petite. Il modèle ses motifs et ses volumes d’une touche légère qui laisse une impression de vie et de mouvement.
Témoignant d’une observation attentive du monde animalier au sein d’un paysage harmonieux, le peintre déploie une réelle qualité d’exécution, un délicat naturalisme qui devrait le situer parmi les meilleurs suiveurs de Brueghel de Velours, aux côtés de P. Gysels, T. Michau ou M. Schoevaerdts.