Provenance :
• Ernst, Freiherr Blümner von Frohburg (mort en 1815),
• Johann Paul, Freiherr von Falkenstein, en 1877,
• Schloss Frohburg, Freiherr Krug von Nidda und von Falkenstein,
• acquis...
lire la suiteProvenance :
• Ernst, Freiherr Blümner von Frohburg (mort en 1815),
• Johann Paul, Freiherr von Falkenstein, en 1877,
• Schloss Frohburg, Freiherr Krug von Nidda und von Falkenstein,
• acquis en 1946 par le Museum der bildenden Künste, Leipzig (inv. n° 1804),
• famille Krug von Nidda en 1997
• collection privée
Au tournant du XVIIe siècle, commence à se développer dans les Pays-Bas du sud le thème largement répandu par Bartholomeus Spranger et par Cornelis van Haarlem : le repas des dieux. Ce thème illustrant des divinités antiques dans un cadre paradisiaque, attablées à une table aux mets gargantuesques, devint rapidement populaire et firent partie des tableaux les plus recherchés des cabinets flamands. De nombreux artistes tels que Gillis van Valckenborch, Hendrick de Clerck et Hendrick van Balen, puis Adrian van stalbempt et Lucas van Uden, réalisèrent de charmantes compositions de petits formats ayant pour sujet des dieux faisant bombance. Véritables objets de collections, ces petits panneaux de cuivre aux figures gracieuses et aux couleurs chamarrées prenaient pratiquement toujours pour thème les noces de Pélée et Thétis.
Notre très beau cuivre témoigne, quant à lui, de l'extrême originalité dont firent preuve Hendrick van Balen et Jan Brueghel le Vieux. Le choix du repas de noces s’avère bien particulier: il s’agit de celui de Bacchus et d’Ariane. Aucun texte littéraire n’ayant jamais décrit cette union, ce nouveau thème introduit dans la première décennie du XVIIe naquit directement de l'imagination de nos deux peintres. Or, d’après ses biographes, Hendrick van Balen se serait pris de passion pour ce thème après avoir admiré un dessin de repas de dieux daté de 1600, signé de la main de Hans Rottenhammer, et conservé aujourd'hui à l’Ermitage de Saint Pétersbourg. Un dessin préparatoire de forme circulaire d’Hendrick van Balen, conservé à la Staatliche Graphische Sammlung de Munich, s’avère fort intéressant pour l’étude de l’influence de Rottenhammer dans la naissance d’une composition particulièrement séduisante et enlevée.
Notre version dévoile avec une immense finesse tout le talent de ces deux peintres exceptionnels. Hendrick van Balen s'illustrait particulièrement dans la peinture de figures, et son association avec le grand peintre de fleurs et de paysage qu’était Brueghel de Velours vint magnifier son talent. Le cadre idyllique et verdoyant d’un Olympe aux couleurs chatoyantes, la beauté laiteuse des corps, la grande variété des attitudes aucunement stéréotypées sont autant d’éléments sublimant l’ensemble de la composition. Notre cuivre est par plusieurs aspects fort proche de la version exposée au musée de Dresde . Egalement datée des années 1607-1608, ces noces appartiennent aux premières versions du genre, sachant que les deux artistes débutèrent leur collaboration en 1604.
Bacchus, son épouse Ariane sur les genoux, occupe la place centrale du tableau. Les jeunes mariés regardent avec tendresse Cupidon leur apporter une tazza en or remplie de vin. Deux nymphes ferment la composition sur notre gauche tandis que des putti s’avancent vers le jeune couple depuis la droite. Autour des époux, une foule festoie et déguste les richesses déposées sur la table du banquet. On y reconnaît aisément Mars, Neptune et Hermès s’adonnant aux jeux de l’amour. Un angelot virevolte au-dessus d'eux, portant des couronnes de fleurs. L’apport majeur de Jan Brueghel le Vieux réside dans la magnifique nature morte s’étalant aux pieds des dieux. Celle-ci s’avère plus fournie et bénéficie d’un jeu de lumière bien plus élaboré que celle figurant sur la version de Dresde. Fruits et fleurs jonchent le sol, symboles de richesse et d'abondance. L'harmonie règne au sein de la composition et le thème rappelle sans aucun doute un âge d'or fait de prospérité et d’insouciance ; période bénie pour les hommes et les femmes de ce temps, fatigués des guerres civiles et des disettes que connaissaient alors les Flandres.
Nées de la collaboration fructueuse des deux artistes parfaitement complémentaires qui marquèrent de leur sceau l’histoire de la peinture flamande au XVIIe siècle, ces noces de Bacchus et Ariane raviront tant les amateurs d’art que les disciples d’Épicure.
1568 Bruxelles - Anvers 1625
Jan Brueghel le Vieux, appelé également Brueghel de Velours en raison de la séduction de sa palette, est le deuxième fils de Pieter Brueghel le Vieux et le frère de...
lire la suite1568 Bruxelles - Anvers 1625
Jan Brueghel le Vieux, appelé également Brueghel de Velours en raison de la séduction de sa palette, est le deuxième fils de Pieter Brueghel le Vieux et le frère de Pieter Brueghel le Jeune.
Il passe ses premières années d’apprentissage chez Pieter Goekindt, peintre anversois, avant de partir vers 1590 pour l’Italie. On le trouve cette année là à Naples, puis à Rome en 1593 et 1594, et finalement à Milan en 1595 où il a pour protecteur le Cardinal Borromée.
En 1596, il revient à Anvers où il s’inscrit comme Maître. Il acquiert le droit de bourgeoisie en 1601 et occupe l’année suivante la charge de Doyen de la Corporation. Après un voyage à Prague en 1604 et à Nuremberg en 1606, il revient à Anvers et est nommé peintre officiel de la cour par l’archiduc Albert et l’infante Isabelle.
La diversité des sujets traités, sont d’un raffinement, d’une précision et d’une virtuosité extrêmes. Il est surtout l’un des plus grands spécialistes du paysage du XVIIe siècle. Il en renouvelle totalement la conception en créant un genre à la fois simple et lyrique, liant les différents plans par des personnages qui sont quelquefois exécutés par Rubens.
Daniel Seghers fut, en dehors de son fils Jan II, son unique élève, mais son influence fut immense et s’exerça sur plusieurs générations de peintres.