Portant au dos la marque de Pieter Stas.
Provenance :
Collection particulière depuis le milieu du 19ème siècle.
Porte au dos du cadre une étiquette ancienne imprimée et un N° à l’encre :...
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Portant au dos la marque de Pieter Stas.
Provenance :
Collection particulière depuis le milieu du 19ème siècle.
Porte au dos du cadre une étiquette ancienne imprimée et un N° à l’encre : 76.
Certificat de M. Klaus Ertz
Ce superbe cuivre nous permet une nouvelle fois de prendre conscience de toute l’importance qu’eut l’œuvre de Jan Brueghel l’Ancien dans l’évolution de la peinture de paysage au cours des XVIIe et XVIIIe siècles.
Comme à son habitude, le peintre s’amuse à jouer avec l’impression de distance. Laissant entrevoir un vaste panorama se perdant dans les brumes du ciel, la scène s’ouvre sur une carriole avançant cahin-caha sur un chemin de terre. Des paysans animent le premier plan du tableau par le gai coloris de leurs vêtements et le mouvement qu’ils apportent. Cette composition appartient au type du « paysage étendu » et illustre l’aboutissement de l’évolution du paysage flamand. En effet, Brueghel peint ici un « vaste paysage », un espace profond « sans fin » qui donne l’impression de vouloir s’étendre au-delà des bordures de la composition. La structure de l’œuvre est parfaitement contrebalancée par une diagonale, meublée de paysans, qui part du coin inférieur gauche du tableau, traverse tout le cuivre et aboutit dans le ciel, à l’angle supérieur droit, grâce au vol des deux pies peintes parfaitement dans l’axe.
La narration de l’histoire de la vie de ces voyageurs dans ce paysage légèrement vallonné dont le sol s’élève dans un doux mouvement, est typique de la manière de Jan le Vieux. Aussi retrouvons-nous des motifs inhérents à son répertoire iconographique, humain et animal, rendus avec ce pinceau extrêmement fin qui n’appartient qu’à lui. Chaque figure est mise en valeur dans les moindres détails : les villageois qui se reposent sur le bas-côté tout en discutant ; le chariot aux bâches soutenues d’arceaux ; le cavalier gris vu de dos ; le bétail que l’on mène aux pâturages. Des parallèles existent avec des œuvres telles que ce « Flusslandschaft mit Gerippe », conservé à Dresde à la Gemäldegalerie ou encore ce « Waldige Landschaft » conservé à Francfort, au Städelsches Kunstinstitut.
Outre l’attention méticuleuse apportée aux détails du dessin, l’artiste fait montre d’un extraordinaire savoir-faire en matière de couleurs. Coloriste fabuleux, Brueghel de Velours conserve la tradition de la perspective atmosphérique basée sur les trois tons tout en la magnifiant : Le premier plan est d’un brun ambré qui prend des tonalités roussâtres dans les plis de terrain. Un vert très doux et tout en nuances règne sur le plan intermédiaire tandis qu’au loin, le panorama se fond littéralement au bleu profond du ciel créant un effet d’illimité. Un très beau jaune pâle domine la gauche du ciel et vient illuminer l’œuvre d’un halo irisé.
Admiré par les plus grands collectionneurs de son temps, Brueghel eut une influence fondamentale sur l’évolution du paysage. Soucieux du détail, maître de l’espace, Brueghel de Velours excelle dans les compositions de petit format. La finesse du dessin, la gaieté des coloris et le caractère chaleureux qu’il parvient à exprimer dans cette scène font de ce cuivre l’un de ses paysages les plus séduisants.
1568 Bruxelles - Anvers 1625
Jan Brueghel le Vieux, appelé également Brueghel de Velours en raison de la séduction de sa palette, est le deuxième fils de Pieter Brueghel le Vieux et le frère de...
lire la suite1568 Bruxelles - Anvers 1625
Jan Brueghel le Vieux, appelé également Brueghel de Velours en raison de la séduction de sa palette, est le deuxième fils de Pieter Brueghel le Vieux et le frère de Pieter Brueghel le Jeune.
Il passe ses premières années d’apprentissage chez Pieter Goekindt, peintre anversois, avant de partir vers 1590 pour l’Italie. On le trouve cette année là à Naples, puis à Rome en 1593 et 1594, et finalement à Milan en 1595 où il a pour protecteur le Cardinal Borromée.
En 1596, il revient à Anvers où il s’inscrit comme Maître. Il acquiert le droit de bourgeoisie en 1601 et occupe l’année suivante la charge de Doyen de la Corporation. Après un voyage à Prague en 1604 et à Nuremberg en 1606, il revient à Anvers et est nommé peintre officiel de la cour par l’archiduc Albert et l’infante Isabelle.
La diversité des sujets traités, sont d’un raffinement, d’une précision et d’une virtuosité extrêmes. Il est surtout l’un des plus grands spécialistes du paysage du XVIIe siècle. Il en renouvelle totalement la conception en créant un genre à la fois simple et lyrique, liant les différents plans par des personnages qui sont quelquefois exécutés par Rubens.
Daniel Seghers fut, en dehors de son fils Jan II, son unique élève, mais son influence fut immense et s’exerça sur plusieurs générations de peintres.