Provenance :
Collection privée
Peintre des premiers grands « déjeuners » flamands, Nicolas Gillis est avec Floris van Dijck et Hans van Hessen, le pionnier du genre à Haarlem à l’aube du...
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Collection privée
Peintre des premiers grands « déjeuners » flamands, Nicolas Gillis est avec Floris van Dijck et Hans van Hessen, le pionnier du genre à Haarlem à l’aube du XVIIe siècle. Ce peintre, dont le talent est attesté par la grande qualité de ses œuvres, livre aux yeux du spectateur d’abondantes tablées couvertes de mets traditionnels. Avec cette Nature morte aux poires et raisins sur un drapé rouge, plein feu sur la beauté du fruit.
La nature morte qui se développe à Haarlem revêt des caractéristiques bien particulières dans l’histoire du genre aux Pays-Bas. Personne ne peut encore attribuer de lieu de naissance à Gillis. Pourtant, on sait rapidement qu’il travaille à Haarlem et signe des tableaux dès 1601. Au début de sa carrière, les différents objets sont disposés sur un entablement, recouvert ou non d’un drapé. Dans notre tableau, les deux poires et la grappe de raisins sont disposés sur un drapé rouge carmin éclatant qui recouvre intégralement l’entablement. Le point de vue est quant à lui frontal, tandis que la plupart de ses compositions seront réalisées d’un point de vue franchement surélevé. En marge des déjeuners, Gillis réalise donc des compositions dont le cadrage resserré met en valeur deux ou trois objets. C’est le cas de notre très belle nature morte qui met en lumière le fruit de la vigne et du poirier.
La grande beauté de son travail réside dans le rendu illusionniste des fruits : outre leur symbolique qui peu à peu est délaissée au profit du simple plaisir esthétique, beaucoup s’attardent sur l’étonnante finesse de la peau de la poire, jusqu’à la rudesse de ses callosités brunâtres. Les grains translucides de raisins montrent aussi l’attention délicate du peintre à travailler en glacis. Quand à l’épais drapé rouge, il contraste formidablement avec la texture des fruits. Ainsi, avec quelques éléments, Gillis réussit à donner la pleine mesure de son art. Harmonie de la composition, beauté des lignes, douceur des coloris sublimés par une lumière douce, et appel du toucher, Nicolas Gillis nous livre avec simplicité et sobriété mais toujours dans une grande maitrise, un très bel exemple de nature morte. Contemporain d’Osias Beert, qui excelle dans ce genre à Anvers, Gillis adopte les canons de la grande nature morte archaïque flamande, l’exportant à Haarlem pour servir les grandes compositions de déjeuners qui font encore aujourd’hui sa renommée.
vers 1580 - Haarlem après 1632
On connaît peu de choses de la vie de Nicolas Gillis. Il vit à Haarlem de 1622 à 1632. Il est actif de 1601 à 1632. Un petit nombre de ses tableaux sont signés...
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On connaît peu de choses de la vie de Nicolas Gillis. Il vit à Haarlem de 1622 à 1632. Il est actif de 1601 à 1632. Un petit nombre de ses tableaux sont signés et datés de 1601 à 1629.
Son répertoire est proche de celui d’autres peintres précurseurs de natures mortes de Haarlem tels que Floris van Dijck, Floris van Schooten, Clara Peeters, Hans van Essen et Roelof Koets. Il est, avec ces artistes, à l’origine des tables dressées présentant une large gamme d’objets récurrents dont de la porcelaine chinoise, des plats d’étain, des verres de style vénitien, des roemer , des fruits, des pâtisseries, du beurre, ainsi qu’un fromage jaune clair et un fromage gris foncé, l’un sur l’autre. Ce dernier motif apparaîtra durant de nombreuses années plus tard dans les pièces de déjeuner de Haarlem. Un couteau posé en biais au centre, une pelure de la pomme retombant au bord de la table, ou un plat d’étain au premier plan contenant du pain ou des pâtisseries se projetant légèrement sur le devant de la table renforcent l’illusion de l’espace. Cet effet illusionniste sera également repris dans les pièces de déjeuner des périodes plus tardives.
En 1612, apparaît une nappe blanche finement brodée sur une étoffe de couleur vive qui aide à donner à ses tableaux une apparence festive. On la retrouvera fréquemment par la suite. En plus des natures mortes de tables mises, Gillis peint aussi des bouquets dans des vases très travaillés sur un fond sombre.