Provenance
• collection P. de Boer, Amsterdam, vers 1950 ;
• collection privée.
Ces deux tableaux de marines sont un beau témoignage du sentiment éprouvé à l’égard de la nature et de la mer en...
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• collection P. de Boer, Amsterdam, vers 1950 ;
• collection privée.
Ces deux tableaux de marines sont un beau témoignage du sentiment éprouvé à l’égard de la nature et de la mer en particulier. Dans un pays où les activités du commerce passent nécessairement par elle, la mer est un élément de première importance qui a su, plus que n’importe où ailleurs, nourrir l’imagination des hommes et des artistes en premier lieu. La peur qu’elle a toujours suscitée n’a pas manqué de forger aussi des rêves de conquêtes et d’aventures que les peintres, dans un genre nouvellement inventé, se sont ingéniés à transcrire, non sans se laisser aller, parfois, à un certain développement romanesque et fantastique. Hans Goderis représente non des navires de guerre, mais plutôt des bateaux de pêche et des barques plus petites, utilisées surtout pour la navigation fluviale. Il s’intéresse bien plus aux activités bruyantes sur l’eau et au bord de l’eau, qu’à la flotte de la République ou aux vaisseaux de la Compagnie des Indes.
La première marine, Bateaux dans la tempête, est particulièrement frappante avec son ciel puissant et ses formations de nuages dont les couleurs passent d’un gris bleu à un blanc d’argent. En prise avec une mer démontée, les mâts et voilures des bateaux de pêche donnent une impression de fragilité extrême. La transition entre l’air et l’eau est remarquablement restituée. De même, le mouvement de la houle, les tourbillons sauvages avec leurs moutonnements et les vagues aux crêtes écumeuses sont rendus avec beaucoup de finesse et de subtilité.
La deuxième marine, Une mer calme, voit son premier plan souligné par des figures de pêcheurs et une barque, repoussoirs de couleur sombre, selon un procédé popularisé par les peintres de marines Jan van de Cappelle et Simon de Vlieger. Dans les eaux calmes, les marsouins sont ici plutôt un élément de remplissage qu’une indication topographique. La mer clapote légèrement et se perd dans une brume de lumière ; le ciel presque entièrement bouché de nuées grises occupe les trois quarts de la composition. L’atmosphère vaporeuse, la surface de l’eau qui miroite doucement et les silhouettes insignifiantes qui s’agitent au bord de l’eau sont autant d’éléments qui transfigurent la simplicité de la mise en image et participent à l’humble poésie qui s’en dégage.
Au-delà du rendu atmosphérique, Goderis, en poète intimiste et confidentiel, crée ici des œuvres d’une grande force d’évocation poétique, riches de tension méditative.
Vers 1600 - Haarlem - Avant 1642
Peintre flamand actif à Haarlem, Hans Goderis intègre la guilde de saint Luc en 1623. Très peu d’œuvres de sa main nous sont parvenues, la plus ancienne, Vaisseaux...
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Peintre flamand actif à Haarlem, Hans Goderis intègre la guilde de saint Luc en 1623. Très peu d’œuvres de sa main nous sont parvenues, la plus ancienne, Vaisseaux dans un estuaire, signée et datée 1625, est actuellement conservée au Museum Boymans-van Beuningen à Rotterdam. Un acte de paiement émis par le magistrat Cornelis Guldewagen pour une peinture datée de 1632 a été conservé mais l’œuvre correspondante n’a pu être identifiée. Theodor Schrevell fait valoir, dans sa monographie sur Haarlem parue en 1648, que Goderis, entre 1622 et 1624, était l’élève de Jan Porcellis, premier représentant d’une tradition « mariniste » particulièrement riche. Les marines attribuées à Goderis suivent les sujets simples et le style tonal des bleu, gris et ocres brûlés de son maître. Petits vaisseaux dans une légère brise au loin de Dordrecht (Christie’s, Londres, 12 Avril 1985, lot 140) empruntent leur composition à un recueil de gravures connu sous le titre d’Icones variarum navium Hollandicarum, publié à Amsterdam en 1627, d’après les dessins de Porcellis. Goderis privilégiait un travail sur des panneaux de petites dimensions et ses compositions mesurent en moyenne 30 x 50 cm ; certaines étant ovales ou circulaires. Ses représentations, avec de nombreux bateaux et des villes au loin, se seraient manifestement bien prêtées à des panneaux de plus grand format. En plaçant des petits personnages au premier plan ou en appliquant d’autres repoussoirs à ses vues maritimes, Goderis intensifie la perception de l’espace et de la profondeur comme dans ses Trois mâts et autres vaisseaux daté de 1628 et conservé au Von der Heydt-Museum à Wuppertal. Un subtil vernis est caractéristique de son fin pinceau.