Daté et signé : "1618 P.BREVGHEL" sur la fenêtre de la maison de droite.
Provenance : collection privée.
Le panneau de La noce enfantine que nous présentons, comme la version similaire...
lire la suiteDaté et signé : "1618 P.BREVGHEL" sur la fenêtre de la maison de droite.
Provenance : collection privée.
Le panneau de La noce enfantine que nous présentons, comme la version similaire conservée au Metropolitan Museum of Art de New York, dépeint une petite fille, la "Mariée de Pentecôte", parée de fleurs et de rubans et accompagnée par les enfants du village. Selon la tradition, elle passe de maison en maison, chante des chansons sur le cresson des prés et reçoit des petits présents.
La fillette, parée des plus beaux atours, est entourée de petites filles faisant penser, par leur silhouette réduite, à des adultes de petite taille. Les jupes qu’elles ont relevées sur le sommet du crâne, à l’instar des coiffes de leurs mères, révèlent la piètre condition de leurs vêtements de dessous. L’héroïne du jour, la Mariée de la Pentecôte, est reconnaissable à la couronne nuptiale qui orne sa longue chevelure et que portent traditionnellement les jeunes épouses adultes. Elle s’avance, mains jointes et yeux baissés, dans une attitude compassée, entourée de deux dames d’honneur parées de couronnes de fleurs printanières. Deux enfants musiciens, jouant du tambour et du violon, précèdent la parade dans cette rue de village. Pierre le Jeune a pris, ici, un évident plaisir dans l’illustration de l’espièglerie et de la malice de ses jeunes personnages : certes, au premier rang, règne une respectabilité très formelle mais, au-delà, la noce est beaucoup moins policée et on se chahute allègrement. Une fillette s’improvise même trublion en tentant, par une extraordinaire grimace, de rompre le sérieux affiché par la jeune mariée. Derrière le cortège de noce, qui occupe les deux tiers de l’avant-plan, s’ouvrent des scènes de rues villageoises devenues un des signes de reconnaissance de Pierre Brueghel le Jeune, avec une qualité d’exécution et des petites figures animant le paysage villageois qui témoignent de sa paternité. Diverses innocentes histoires de la vie quotidienne paysanne sont représentées : vers le plan médian, un homme tient la main d’une enfant et rejoint le cortège, un autre décharge une charrette, une femme tend le bras vers un enfant "perdu" qui se précipite vers elle les deux bras tendus vers l’avant ; à l’avant-plan à droite, une femme nourrit des poules tandis qu’un enfant se soulage devant un cochon. La présence d’un couple patricien, élégamment et richement habillé, souligne la différence idéologique qui sépare les milieux ruraux et urbains. La dame, dans une gestuelle déterminée, retient par la main sa fillette qui souhaiterait se joindre au cortège villageois. Les autres adultes réagissent avec intérêt et attendrissement au passage de leurs enfants.
Toutes ces petites figures qui animent le panneau sont telles que nous les connaissons chez Pierre le Jeune, comme nous l’avons évoqué. Toutefois, Glück et Marlier ont relevé la similitude de cette représentation, de la disposition globale de la composition jusqu’au motif particulier du chien qui aboie, avec une composition apparentée à un contemporain de Brueghel le Jeune, David Vinckboons, et considèrent ce dernier comme le créateur spirituel de cette scène amusante d’enfants (cf. K. Ertz, Pieter Brueghel der Jüngere, Lingen, 1988/2000, vol. II, p.758, n°604, reproduit).
1564 Bruxelles - Anvers 1638
Fils aîné de Pieter Bruegel l’Ancien, il se fixe de bonne heure à Anvers où il reçoit sa formation dans l’atelier du paysagiste Gillis van Coninxloo. Il est reçu...
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Fils aîné de Pieter Bruegel l’Ancien, il se fixe de bonne heure à Anvers où il reçoit sa formation dans l’atelier du paysagiste Gillis van Coninxloo. Il est reçu Maître en 1585. Il n’a pas cinq ans quand meurt son père en 1569 qui n’a donc pas pu l’initier à la peinture. Sa mère, la fille du peintre Pieter Coecke d’Alost, elle-même peintre, décède alors qu’il n’est qu’adolescent, mais il semble qu’elle ait joué un rôle lors de son apprentissage. En 1588, il épouse Elisabeth Goddelet dont il aura sept enfants.
Il est surnommé Brueghel d’Enfer bien que ses compositions infernales soient exceptionnelles dans son oeuvre. Pieter Brueghel le Jeune travaille selon deux orientations différentes. Dans un premier temps, il reprend un grand nombre de compositions de son père et en développe plusieurs versions. Il y apporte sa touche personnelle par les variantes qu’il introduit, parmi lesquelles, l’importance qu’il confère au paysage, ainsi qu’une coloration propre, plus vive que celle de son père et d’une grande pureté.
La seconde période débute vers 1615-1620. Il affirme sa personnalité par la création de compositions originales qui dès l’époque eurent un vif succès et suscitèrent elles aussi plusieurs répliques. Son fils Pieter Brueghel III et le fameux peintre de natures mortes et d’animaux Frans Snyders furent ses élèves. Au-delà du prolongement qu’il donne à l’oeuvre de son père, Pieter Brueghel II occupe une place marquante au XVIIe siècle, notamment par son extrême qualité picturale et la pureté de ses coloris. Il influença l’ensemble des peintres flamands de son siècle.
Il eut une carrière particulièrement féconde, étendue sur près d’un demi-siècle et connut un vif succès dès son vivant.