Signé avec l’emblème de l’artiste : le serpent ailé qui tient un anneau dans sa gueule.
Ce motif est précédé de l’inscription : LASSET DIE KINDLIN ZV MIR KOMMEN VND WERET INEN NICHT DAN SOLCHER...
lire la suiteSigné avec l’emblème de l’artiste : le serpent ailé qui tient un anneau dans sa gueule.
Ce motif est précédé de l’inscription : LASSET DIE KINDLIN ZV MIR KOMMEN VND WERET INEN NICHT DAN SOLCHER IST DAS REICHGOTTES./.MAR.X.
Provenance :
• collection privée, Hannover, 1963 ;
• collection privée.
Par sa puissance expressive et artistique, ce Christ bénissant les enfants se rapprochent à tous points de vue de deux autres versions de ce sujet conservées au Chi-Mei Museum (Taiwan) et au Schlossmuseum (Gotha). Thème très rarement représenté jusqu’à Cranach l’Ancien, le sujet de ce tableau ne s’arrête pas à la simple évocation d’un passage biblique. Proche des préoccupations luthériennes, Lucas Cranach l’Ancien cherche à faire passer un message, une idée. En illustrant le verset 14 du chapitre X de l’évangile de Saint Marc : "Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent" ("lasset die kindlin zvmir kommen vnd weret inen nicht dan solcher ist das reichgottes"), l’artiste prend fait et cause pour la Réforme. Il s’accorde à la vision de Luther dans la contre verse de 1530 sur le baptême.
Le Christ bénissant les enfants se trouve être le "cheval de bataille" de la réforme luthérienne face aux anabaptistes, ces derniers ayant fait le choix de condamner le baptême imposé aux jeunes enfants, estimant que ce sacrement ne devait être reçu qu'en pleine connaissance de cause par les candidats.
L’utilisation de nombreux aplats évite au spectateur de s’intégrer à la scène pour une meilleure compréhension du sujet. L’absence d’interprétation individuelle des personnages nous conforte dans cette direction. Lucas Cranach l’Ancien exclut volontairement le spectateur de sa composition dans l’appétence de voir celle-ci interprétée comme un enseignement, une façon de penser, et non pas comme la représentation d’une réalité. Par sa maîtrise du pinceau et de la mise en scène, Lucas Cranach l’Ancien nous transporte dans une vision toute autre du tableau. Outre la beauté certaine et le talent sans égale qu’elle dégage, cette composition nous révèle également un artiste capable d’utiliser son don pour la peinture dans un but de connaissance et de partage.
1472 Kronach - Weimar 1553
Lucas Cranach est un des piliers de la création artistique dans le nord-est de l’Allemagne durant la première moitié du XVIe siècle. Il est considéré, avec Hans Holbein...
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Lucas Cranach est un des piliers de la création artistique dans le nord-est de l’Allemagne durant la première moitié du XVIe siècle. Il est considéré, avec Hans Holbein le Jeune et Albrecht Dürer comme l’un des principaux représentants de la Renaissance allemande.
A la fois peintre et graveur, ami de Martin Luther et de nombreux humanistes, il traite avec succès des scènes religieuses et mythologiques, des portraits et des nus féminins qu’il identifie souvent à Lucrèce ou à Vénus. Jusqu’en 1498, il étudie avec son père, Hans, qui influença le début de sa carrière. Il voyage ensuite à Vienne, où il semble s’établir en 1500.
Les premières œuvres connues de l’artiste datent de cette période ; ce sont des scènes religieuses où les couleurs éclatantes et expressives sont une preuve de son pouvoir créatif. En 1505, il devient peintre de la cour des électeurs de Saxe. Il décore leurs châteaux, peint leurs portraits et ceux de leurs épouses, exécute des retables et réalise également des sujets profanes. En 1508, l’Electeur Frédéric de Saxe accorde à Cranach son blason au serpent ailé, qui devient la signature de l’artiste. Ses fils Hans et Lucas le Jeune font partie de ses assistants. Imitant fidèlement son style, ils jouèrent un rôle important dans les œuvres produites par son atelier.
Excepté une visite aux Pays-Bas en 1508, le maître réside de façon presque ininterrompue à Wittenberg. Citoyen important, il siège à l’assemblée de la ville en 1519 et exerce la charge de bourgmestre en 1537 et 1540. Malgré les nombreuses influences qui marquent son époque, son œuvre reste fidèle aux traditions gothiques.