XVIe siècle
Cet élégant double portrait présente la particularité de réunir dans le même champ pictural, mais en léger décalage l’un par rapport à l’autre, les deux époux: l’homme, légèrement projeté vers l’avant de façon à lui servir d’écran protecteur virtuel, est, suivant les conventions de présentation héraldique, représenté à gauche selon le point de vue du spectateur, mais bel et bien à la droite de son épouse dans le champ pictural du tableau. La représentation à mi-corps et de trois-quarts se réfère également à la formule la plus répandue pour le portrait en ce début de XVIe siècle. Cette dernière, outre qu’elle permet la restitution la plus complète d’une physionomie, permet d’obéir encore aux conventions de représentation médiévales, qui réservaient la pleine face à l’image divine, qu’il s’agisse du Salvator Mundi, de l’Ecce Homo ou des représentations de la Trinité. C’est donc la réunion des deux figures dans le même champ pictural qui constitue l’originalité la plus marquante de la mise en page retenue par l’artiste...
De leur côté, le graphisme à la fois incisif et élégant, le sens des couleurs qui se détachent avec netteté du fond noir abstrait ainsi que le sens du détail décoratif (qu’il s’agisse des poils de la barbe de l’homme ou des fines broderies sous coiffe du bonnet de son épouse) sont autant d’éléments qui confèrent son charme spécifique à la représentation et permettent de situer sans ambiguïté son auteur parmi les praticiens du portrait les plus accomplis de l’école alémanique de ce premier quart du XVI ème siècle.