
Panneau - 31 x 20,6 cm/verso 38,8 x 30,8 cmPortraits, Tableaux XVe/XVIe
Provenance :
• collection Baron de Mentzingen- Graf Andlau ;
• collection Wilfried Greif – New York ;
• collection privée.
Khun, Charles L., A catalogue of German Paintings of the Middle Ages and...
lire la suiteProvenance :
• collection Baron de Mentzingen- Graf Andlau ;
• collection Wilfried Greif – New York ;
• collection privée.
Khun, Charles L., A catalogue of German Paintings of the Middle Ages and Renaissance in American Collections, Cambridge, 1936, p.27 n°23, planche VII, daté de 1535.
Avec la finesse qui lui est propre, Bartholomeus Bruyn nous présente ici le portrait d’un couple de notables. Bénéficiant chacun d’une précision, d’une transparence et d’un soin du détail uniques, ces deux portraits sont de parfaits exemples de la production de l’artiste à son sommet.
Les figures se détachent sur un fond vert, qui permet un rendu très subtil de la carnation des modèles, ainsi que des étoffes qui composent leurs vêtements. On retrouve ce même vert aux accents dorés dans le portrait de femme du musée Oberlin dans l’Ohio. Nos deux portraits partagent également une posture de trois quarts. La lumière venant de droite, les ombres parfaites des corps donnent l’illusion de l’espace. Le volume souple des étoffes permet au peintre de faire de son portrait une œuvre à "toucher". En effet, fourrure, lin et velours épais se mêlent au lustre des perles, au feutre et aux broderies jouant avec la lumière dans un effet prodigieux de matière.
Les portraits fourmillent de détails qui illustrent le rang social du couple et révèlent un sens caché. Les mains de la jeune femme sont ornées de plusieurs anneaux. Coiffée d’une cornette blanche, elle égrène un chapelet. Lui faisant face, le mari dont les épaules portent une lourde fourrure, tient également un chapelet. Fidèle à son époque, le rapport au sacré et au symbolisme des attributs est sensible dans toute l’œuvre de Bruyn.
Il veille à représenter ses modèles comme de bons dévots, menant à bien leur vie spirituelle comme leurs affaires, dignes représentants de la bonne société de Cologne. Le tableau fourmillant de détails liés à la mode et au goût d’une époque, nous sommes à même d’avancer une datation plausible. En comparant l’encadrement de notre diptyque avec celui du musée des Beaux-arts de Boston et comparant le style de vêtements portés par le couple avec les portraits du musée de Cologne et de Berlin, nous pouvons dater notre diptyque des alentour de 1534.
Formé de deux panneaux distincts, le diptyque s’enrichit au verso d’un memento mori représentant un crâne et illustrant une maxime peinte en lettres gothiques. Ecrit en vieux flamand, le texte dit qu’"Il n’existe pas de bouclier contre la mort." Déposé de manière frontale dans une niche, ce crâne ressemble parfaitement à celui qui se retrouve dans les collections du musée de l’Hermitage. Probablement exécuté pour accompagner un diptyque comparable, ce panneau aux dimensions quasi semblables est tout à fait typique des œuvres de Bruyn. Emprunté à la culture humaniste nordique, il intègre la dimension de vanité à celle du portrait.
Littérature : Westhoff-Hrummacher, Hildegard, Barthel Bruyn der Älter, als Bildnismaler, 1965, Deutschen Kunstverlag, cat. 84-85, reproduit p. 160.
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Vers 1493 Cologne ou Wesel - Cologne 1553-1557
Peintre de sujets religieux et de portraits, Bartholomeus Bruyn le Vieux travaille dès 1515 à Cologne, où il exerce diverses fonctions au conseil...
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Peintre de sujets religieux et de portraits, Bartholomeus Bruyn le Vieux travaille dès 1515 à Cologne, où il exerce diverses fonctions au conseil municipal. Il est membre de la guilde de la ville en 1518 et 1521. Il peint une grande variété de tableaux, mais c’est en temps que portraitiste qu’il est le plus célèbre. Il réalise des portraits vivants et expressifs des patriciens de Cologne, maires, grands commerçants et savants.
Contrairement à ses contemporains Lucas Cranach et Hans Holbein, Bartholomeus Bruyn n’a jamais travaillé au service d’une cour princière. Soucieux de rendre des portraits non pas idéalisés mais singuliers et proches de la réalité, Bruyn devient rapidement le portraitiste attitré de la haute bourgeoisie, et des notables de Cologne. Accordant une grande importance à la singularité de chacun de ses modèles, Bruyn réussit à nous dévoiler l’intimité des membres de la haute société allemande du XVIe siècle.
L’artiste ne se concentre pas uniquement sur le visage. Les tissus, les bijoux et les mains fournissent autant d’indices quant à l’identité du personnage représenté. Ses œuvres sont tout d’abord influencées par Jan Joos van Calcar et Joos van Cleve, avant de l’être par les maîtres néerlandais Jan van Scorel et Martin van Heemskerk, qui ont voyagé en Italie. Bartholomeus Bruyn semble avoir été très proche de Joos van Cleve, dont il fut l’élève et probablement le gendre. En 1529, il reçoit du chapitre de l’église Saint-Victor à Xanten la commande d’un retable qu’il achève en 1534/1536. C’est à Xanten et à Essen que se trouvent la plupart des tableaux d’autel qu’il a peints ou qui seront peints par l’important atelier que son fils Bartholomeus le Jeune dirige après lui. Bartholomeus Bruyn peut être considéré comme le principal représentant de la tradition picturale qui se développa à Cologne entre les XVème et XVIème siècle.