En prêt pour l'exposition Wintermärchen, Vienne et Zürich
Provenance :
• collection de Blomaert ;
• collection privée.
Cet ensemble exceptionnel représente la meilleure série complète sur...
lire la suiteEn prêt pour l'exposition Wintermärchen, Vienne et Zürich
Provenance :
• collection de Blomaert ;
• collection privée.
Cet ensemble exceptionnel représente la meilleure série complète sur panneau du thème des Quatre Saisons peinte par Abraham Janssens. D’emblée, cette suite s’impose par le caractère novateur de son iconographie. S’écartant de la tradition flamande, qui identifie volontiers les saisons avec des paysages animés rythmés par les activités humaines, Janssens en connaisseur de la mythologie antique et de la peinture italienne, conçoit les saisons telles quatre allégories. Douze figures, regroupées par trois, composent quatre panneaux distincts. Les signes zodiacaux correspondants aux trois mois de la saison surplombent les têtes des figures qui animent les compositions.
L’automne prend les traits de femmes d’âge mûr. La première, déguisée en Dionysos, la tête recouverte de feuilles de vigne, dépose une corne d’abondance d’où semble s’échapper une grande quantité de pommes, de poires et de raisins. Le fruit des vendanges rempli en effet la composition aux côtés d’oiseaux symbolisant la chasse.
Comme nous venons de le voir, ces quatre allégories s’inscrivent dans la tradition flamande par les attributs qui les accompagnent tout en revendiquant leur filiation avec l’art italien par le traitement des corps. D’un point de vue stylistique, on retrouve dans cet ensemble le goût prononcé d’Abraham Janssens pour l’antique. Dès son retour de la péninsule en 1602, le peintre revendique l’influence de ses contemporains vénitiens, florentins et romains. Maître du clair-obscur, il fut le premier Flamand à aimer une peinture faite de forts contrastes de lumière, pour ainsi révéler la puissance des modèles… Rubens, son jeune rival, s’inspirera lui même par la suite de cette technique venue d’Italie pour affiner son propre style voué au succès que nous lui connaissons. Au-delà de la simple présentation harmonieuse des douze mois, le peintre profite de la dimension symbolique du thème pour représenter les différents âges de la vie. Les saisons rythment les activités agricoles et, d’année en année, sont les témoins privilégiés du temps qui passe. Par cette métaphore de la vie humaine, Janssens impose à sa composition une touche de nostalgie pleine d’humanité.
Les tableaux d’Abraham Janssens font aujourd’hui encore parties des plus belles collections de peintures flamandes. Une série similaire, quoique moins aboutie, se trouvait autrefois dans les collections du Comte Golenitscheff-Koutousoff à Saint Petersbourg. Mise aux enchères à l’Hôtel Drouot à Paris le 30 avril 1900, cette série réapparaît en 1968 dans la collection Morris I. Kaplan, à Chicago en 1968. Les Quatre Saisons que nous vous présentons ici représentent à n’en pas douter l’une des œuvres les plus abouties de l’artiste. Sa passion pour le corps humain, sa maîtrise des nouvelles techniques venues d’Italie ainsi que son habilité à dépeindre les sentiments qui animent le visage de ses personnages font d’Abraham Janssens le grand précurseur d’un genre novateur qui marquera l’histoire de l’art avec Pierre Paul Rubens.
1575 - Anvers - 1632
Peintre d’histoire, de sujets allégoriques, mythologiques et religieux, Abraham Janssens naît à Anvers en 1585. Il y reçoit sa première formation chez le peintre Jan Snellinck....
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Peintre d’histoire, de sujets allégoriques, mythologiques et religieux, Abraham Janssens naît à Anvers en 1585. Il y reçoit sa première formation chez le peintre Jan Snellinck. Après un séjour d’étude de trois ans à Rome, alors en pleine efflorescence du mouvement caravagesque, il rentre à Anvers en 1601, et y sera aussitôt admis comme maître de la Gilde de Saint Luc. Très vite, fort de son expérience italienne, il s’imposera, aux côtés d’Ambrosius Francken et d’Otto van Veen, comme chef de file de l’école anversoise en devenant l’un des chefs de file de la tradition de la peinture monumentale par opposition au développement de la peinture de genre de petit format.
Des commandes significatives attestent le prestige dont il jouit. En 1605, il est désigné pour peindre le triptyque de la chapelle métropolitaine de la corporation des peintres en l’église Saint Rombaut de Malines. En 1609, c’est au tour de la municipalité d’Anvers de lui commander une toile allégorique célébrant le rôle primordial de l’Escaut dans la prospérité de la métropole anversoise : il s’agit de la toile Scaldis et Antverpia, aujourd’hui encore conservée au Musée de Beaux Arts d’Anvers. Dans cette période de première maturité, les toiles de Janssens se caractérisent par l’allure très plastique des personnages, reliés les uns aux autres dans des compositions en close-up, scandées par une distribution très personnelle des ombres et des lumières.
La position dominante de Janssens sur la scène anversoise se verra vite remise en question lors du retour d’Italie de Pierre Paul Rubens en 1608. Progressivement éclipsé par son rival du devant de la scène, Abraham Janssens saura faire évoluer son style en profitant des nouvelles tendances d’un style plus « baroque ». Il conservera cependant toujours cette patte vigoureuse et attachante qui traverse toutes ses œuvres.