Provenance : Collection privée
Considéré comme l’un des maîtres du paysage flamand à l’aube du XVIIe siècle, Adriaen van Stalbempt nous dévoile ici la vie des hommes à la campagne, durant une...
lire la suiteProvenance : Collection privée
Considéré comme l’un des maîtres du paysage flamand à l’aube du XVIIe siècle, Adriaen van Stalbempt nous dévoile ici la vie des hommes à la campagne, durant une belle journée d’hiver. Fidèle à la tradition du paysage panoramique champêtre né sous le pinceau de Joachim Patenier, l’artiste opte pour une composition simple mais pleine de poésie. L’hiver immerge le village dans la torpeur ; la lutte des villageois contre le froid s’organise. La scène se déroule aux portes du village. Les travailleurs saisonniers, femmes et hommes, petits et grands, ont entrepris la fente du bois. Les arbres, tantôt couchés par le vent, tantôt débités à la hache, sont l’objet de toute leur attention. Un chariot tiré par deux chevaux attend sa cargaison, tandis qu’une femme ploie sous le poids des futaies. Plus loin, deux valeureux bucherons se sont attaqués à deux arbres massifs, alors qu’un vieillard appuyé sur la canne observe une joyeuse compagnie au premier plan. Cette petite troupe, composée de trois gais lurons, annonce les fêtes de fin d’année qui égayeront la vie quotidienne des villageois avec leur suite de ripailles et de déguisements. En sillonnant la composition, et ce, grâce à l’échelonnement des plans, notre regard est naturellement conduit vers un horizon lumineux. Ce vaste panorama se scinde avec délicatesse en deux parties, la première évoquant la terre et les activités agricoles, et l’autre, le vaste ciel clair et translucide. Le village, teinté d’ocre, tire toute sa lumière des toitures enneigées. Comme étouffé sous la neige, aucun bruit se semble perturber la quiétude du hameau. Tout l’art de Stalbempt s’exprime à travers cette ravissante composition rappelant celles de Jan Brueghel de Velours : arbres minces et élancés, échelonnement des plans, personnages dispersés ça et là. L’harmonie des tons, sublimée par la brillance du manteau neigeux, donne à notre tableau toute son élégance. Outre le témoignage d’une vie rurale révolue, il est un très bel exemple de la production paysagère flamande du XVIIe siècle. Le paysage n’est plus un décor mais grâce à Stalbempt, un sujet à part entière comme en témoignage le grand tableau d’Anvers . Depuis leur création, les paysages enneigés n’ont eu de cesse de ravir les amateurs ; cet hiver est sans aucun doute à considérer comme l’un des plus charmants exemples de paysage que nous connaissions de l’artiste.
1580 - Anvers - 1662
Né de parents protestants, Adriaen van Stalbempt vécut les années de sa jeunesse à Middelbourg où sa famille s’était réfugiée après la capitulation de la ville d’Anvers. Dès 1609 cependant, il regagne sa ville natale, et s’inscrit la même année comme Maître de Saint-Luc. Attiré par le genre en faveur à l’époque, il se consacre au paysage, comme l’atteste une vingtaine d’oeuvres s’échelonnant entre 1604 et 1629.
En 1632, l’artiste quitte Anvers durant dix mois pour se rendre à Londres, à l’appel du Roi Charles Ier d’Angleterre. Il semble avoir abandonné toute activité par la suite et l’on en ignore toujours le motif.
Van Stalbempt s’est souvent affirmé comme éclectique dans la composition de ses paysages. Certains évoquent la manière de Jan Brueghel I, dit de Velours. Quelques constantes cependant aident à identifier ses oeuvres : la facture du feuillage notamment et la couleur des maisons, jaune clair, et non rose comme chez Jan Brueghel.
Par ce qu’elle a de divers et d’inclassable, la personnalité d’Adriaen van Stalbempt est des plus attachantes. Il se situe, avec Abraham Govaerts, parmi les meilleurs suiveurs de Jan Brueghel de Velours.