Vers 1640-1650
Provenance
Collection du Comte Schönborn-Pommersfeld, catalogues de la collection en 1719, 1746, 1857 sous le n° 537 (décrit dans les catalogues dès 1719). Vente à Paris, les...
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Provenance
Collection du Comte Schönborn-Pommersfeld, catalogues de la collection en 1719, 1746, 1857 sous le n° 537 (décrit dans les catalogues dès 1719). Vente à Paris, les 17 et 18 mai 1867 sous le n° 225
Collection A. Hulot. Vente à la Galerie Georges Petit les 9 et 10 mai 1892 sous le n°51, préface de Maurice Tourneux (signalé comme étant la Galerie de l’Archiduc Albert)
Collection Jules Porgès
Collection F. Kleinberger
Galerie A. de Ridder, 1909. Vente à la Galerie Georges Petit à Paris, le 2 juin 1924, sous le n° 72, pour 48 000 FF, reproduit (signalé comme étant la Galerie de l’Archiduc Léopold)
Collection Léon Lowenstein, Paris. Vente à la Galerie Jean Charpentier le 17 décembre 1935 sous le n° 78 reproduit (signalé comme étant la Galerie de l’Archiduc Léopold)
Collection Léon Lowenstein, Paris. Vente à Paris les 7 et 8 mars 1938 sous le n° 80 reproduit (signalé comme étant la Galerie de l’Archiduc Léopold)
Galerie Knoedler, New York, 1968
Vente Christie’s, New York, le 15 janvier 1985, sous le n° 99
Collection privée
Le thème des cabinets d'amateurs est ici repris par Teniers. Il s'inscrit ainsi dans la suite de ses brillants prédécesseurs Frans Francken le Jeune, Jan Brueghel le Vieux, Willem Verhaert, Cornelis de Baellieur qui ont développé le genre dans la première moitié du XVIIème siècle. L'artiste a plusieurs fois représenté la galerie de l'Archiduc Leopold Wilhelm, dont la version la plus fameuse est conservée au Kunsthistorisches Museum à Vienne. Il a également exécuté plusieurs compositions sur ce thème avec des collections imaginaires qui étaient offertes par l'Archiduc à sa suite.
La scène se déroule dans une salle dont les murs sont entièrement tapissés de tableaux. C'est à peine si l'on peut distinguer le cuir doré qui décore la surface murale. Sur le buffet décoré par d'élégantes cariatides sont disposés au hasard quelques coquillages exotiques. Le regard se dirige alors sur l'imposant tableau d'Esther implorant la clémence d'Assuréus, similaire à celui de Frans Francken II (collection Schmidt van Gelder à Anvers). Si quelques tableaux accrochés appartiennent à la thématique des Francken comme les paysages traditionnels, la charge de cavalerie, l'incendie et la Vierge à l'Enfant, nous pouvons aisément reconnaître des petits panneaux de Teniers (Fumeurs, Tabagie, Scène d'extérieur et Intérieur de taverne), et des paysages de Joost de Momper au dessus du fronton et à l'extrême gauche. A droite, un tableau de Tobie et l'Ange dynamise par sa diagonale la composition générale. Enfin, un paysage fluvial accroché sous la Vierge à l’Enfant pourrait être de Jacques d'Arthois. La présence de bustes à petite découpe d'inspiration romaine au dessus du fronton à l'antique place la scène sous les auspices des Anciens. La présence d'un globe terrestre, d'un astrolabe, d'un compas et de quelques livres jetés à terre sont des éléments indispensables pour souligner les qualités d'un gentilhomme éclairé du XVIIème siècle. Le tableau a suscité les interrogations des spécialistes pour lui donner un titre et déterminer avec exactitude son sujet. Lors de sa vente en 1892 à la Galerie Georges Petit, Maurice de Tourneux l'intitule la Galerie de l'Archiduc Albert à Bruxelles. Le jeune homme est désigné comme Teniers lui-même. Cette affirmation ne résiste cependant pas à la comparaison avec les autoportraits du maître. C'est lors d'un autre passage en ventes publiques que le tableau est titré la Galerie de l'Archiduc Léopold à Bruxelles qui lui restera attaché jusqu'en 1938. Wilhelm Martin, directeur du Mauritshuis de La Haye au début du XXème siècle, pense plus justement que la scène se déroule chez un collectionneur à qui un jeune homme soumet un portrait et quelques dessins qu'il souhaite lui vendre. Dans l'antichambre à droite, un autre personnage accourt avec un tableau. A l'époque, il arrivait très fréquemment que les artistes se déplacent chez les intéressés pour leur soumettre leurs dernières réalisations. Enfin, selon Monsieur Speth-Holterhoff, l'amateur ici portraituré pourrait être le baron de Wemmel, Englebert Taie (peint par van Dyck, anciennement attribué à Rubens, portrait conservé à la Galerie de Dresde). Pourrait-on aussi y voir la glorification des qualités intellectuelles de collectionneur et d'amateur du personnage représenté qui allie curiosité (globe terrestre, instruments scientifiques, livres, naturalia) et sens esthétique exclusivement porté sur l'art flamand (on remarquera l'absence totale de tableaux italiens).
Quoiqu'il en soit, cette magnifique œuvre doit être replacée dans le contexte plus général du goût immodéré des Flamands pour les tableaux de cabinets d'amateurs qui les collectionnaient avec passion. Le talent de David Teniers dans ce genre de représentation a d'ailleurs contribué davantage à alimenter cet engouement. Ce cuivre est également à un autre degré un témoignage sociologique particulièrement intéressant pour l'histoire du marché de l'art et la relation artiste/marchand et collectionneur dans la Flandre du XVIIème siècle.
1610 Anvers - Bruxelles 1690
David Teniers compte avec Adriaen Brouwer parmi les plus grands peintres flamands de genre du XVIIe siècle. Ses scènes villageoises servirent de modèle aux...
lire la suite1610 Anvers - Bruxelles 1690
David Teniers compte avec Adriaen Brouwer parmi les plus grands peintres flamands de genre du XVIIe siècle. Ses scènes villageoises servirent de modèle aux tapisseries des XVIIe et XVIIIe siècles. Doyen de la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1645, il s’installe à Bruxelles en 1651 où l’archiduc Léopold Guillaume le nomme peintre de la Cour et administrateur de sa collection. Ses premières scènes de genre accusent l’influence d’Adriaen Brouwer et il peint à ses débuts des paysages à la manière de Jan Brueghel et de Paul Bril. Il acquiert par la suite un style personnel qui allie les tons clairs à des coloris chauds. Ses thèmes se diversifient et il réalise outre des scènes rustiques, des tableaux où apparaissent des magiciens, sorcières, médecins et alchimistes. Les personnages font parfois place à des singes ou à des chats costumés. Teniers s’inspire en outre de sujets religieux, mythologiques et littéraires : il peint des allégories et des évènements contemporains ainsi que des portraits. En ce qui concerne les scènes de genre, Teniers a considérablement élargi le répertoire de Brouwer, multipliant les kermesses et autres réjouissances populaires. Et c’est dans des tableaux comme “La fête paysanne” du Prado à Madrid, “Le buveur attablé” du Louvre, ou “La tabagie” au Musée du Petit Palais, que l’art de ce grand peintre exulte.