Signée sur l’entablement « J. van Son »
Provenance :
Galerie De Jonckheere ; Collection privée
Considéré comme l’un des grands héritiers de l’œuvre de Jan Davidsz. de Heem, Joris...
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Provenance :
Galerie De Jonckheere ; Collection privée
Considéré comme l’un des grands héritiers de l’œuvre de Jan Davidsz. de Heem, Joris van Son est passé maître dans l’art des tables de fruits, agrémentées de pièces d’orfèvrerie et d’objets précieux. Chaque objet, posé légèrement en oblique, acquiert une présence propre, qu’il s’agisse de la brillante cerise, de la chair de la pêche, des grains de raisins translucides ou de la figue gorgée de sucre.
Issue d’un modèle cher au peintre, notre composition est régie à la manière de la nature morte conservée au Groeningemuseum de Bruges . Contrairement à ses compositions habituelles, le peintre ne bâtit nullement son tableau à partir d’objets somptueux. L’assiette en étain, la boite en bois et le drap grossier participent pourtant magnifiquement à la réussite de cette pyramide de fruits. La grappe de raisin, formant le sommet de l’ensemble, est posée sur une modeste boîte, identique à celles que l’on retrouve dans nombre de natures mortes françaises archaïques du XVIIe siècle.
Joris van Son est un maître dans le rendu de la matière et dans le jeu des couleurs. Des pêches duveteuses à la chair généreuse forment une partition gourmande. Elles font échos aux grains violacés du muscat déposés sur l’autre côté de la table. De délicates cerises, au rouge puissant, terminent la portée musicale par trois notes, dont l’une, en déséquilibre au dessus du vide, semble introduire une idée d’instabilité dans cette belle ordonnance. Motif courant dans les compositions de Joris van Son, on retrouve ce détail savoureux dans le tableau conservé au musée de Leipzig . Véritable particularité de cette composition, une figue ouverte se dévoile, pulpeuse et gourmande. Van Son traita ce fruit dans une autre toile aujourd’hui conservée au musée de Bruges.
Chef-d’œuvre du genre, notre nature morte de fruits bénéficie d’une harmonie de tons tout à fait remarquable. La transparence des couleurs réservée au raisin, les empâtements donnant naissance aux pêches et à la figue sont autant de preuves d’un savoir faire époustouflant. Les nuances des textures et des couleurs sont amplifiées par la présence de l’assiette scintillante, par la boîte de bois, plus opaque et par cette nappe, lourde et ouatée dont les plis sont soigneusement travaillés (à l’image de la nature morte aux crabes d’Ottawa ).
Acquises dès le XVIIe siècle par les plus grands collectionneurs anversois, les œuvres de Joris van Son traduisent un goût prononcé pour une nature gourmande. Arrivées en France grâce aux marchands établis à la foire Saint Germain, ses compositions feront école jusque tard dans le XVIIIe siècle. Caractéristique de cet artiste à la fois sensuel et retenu, cette superbe nature morte ravira les amateurs les plus exigeants.
1623 - Anvers - 1667
Né à Anvers en 1623 et mort dans cette ville en 1667, il entre dans la Guilde de Saint-Luc en 1643-1644. Si on ne connaît pas avec certitude le nom de son Maître, il est...
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Né à Anvers en 1623 et mort dans cette ville en 1667, il entre dans la Guilde de Saint-Luc en 1643-1644. Si on ne connaît pas avec certitude le nom de son Maître, il est cependant vraisemblable qu’il fit son apprentissage auprès de Jan Davidsz de Heem qui arriva à Anvers en 1636.
L’art de Joris van Son fut très tôt reconnu et loué par nombreux de ses contemporains. Sur un portrait, peint par Erasme Quellin II et gravé par Conrad Lauwers vers 1649, on peut lire l’inscription “Peintre excellent en fruits, fleurs,...”. Cornelis de Bie parla également du Maître en des termes particulièrement élogieux.
Joris van Son peut être considéré comme l’un des meilleurs représentants des peintres de natures mortes de son époque dans le sillage de Jan Davidsz de Heem.
Ses compositions opulentes, somptueusement agencées mais cependant plus réservées que celles de De Heem, trouvent leur écho dans une palette éclatante aux tons brillants et toujours bien harmonisés. Le raffinement extrême de son coloris dans lequel on trouve les nuances les plus rares et les plus subtiles, allié à un sens inné de la composition, caractérise un art à la fois sensuel et retenu.
L’atelier de l’artiste fut célèbre à son époque et de nombreux peintres vinrent y faire leur apprentissage parmi lesquels il faut citer Corneille van Huynen, Jan Pauwell II Gillemans et Frans van Everbroeck.