Provenance : collection privée.
Exceptionnel, tant par l’originalité de sa conception formelle que par le raffinement de son exécution, ce panneau surprenant nous montre un Cornelis de Heem au...
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Exceptionnel, tant par l’originalité de sa conception formelle que par le raffinement de son exécution, ce panneau surprenant nous montre un Cornelis de Heem au sommet de son art. Dominant formellement et littéralement la composition, un grand ara au plumage chatoyant se dresse perché sur une corbeille renversée d’où se déverse une pléthore de fruits, agrémentée de somptueux boutons de roses, tulipes, œillets et autres variétés florales.
Fauteur direct de l’incident déstabilisateur, incarnation accidentelle et précipitée de l’idée de vanitas inhérente au genre, le majestueux volatile délimite de son corps allongé l’agencement diagonal des éléments, suivant la pratique compositionnelle affectionnée par le peintre. En l’occurrence, à l’encontre de la présentation à dominante frontale privilégiée dans ses autres banketjes, c’est une disposition transversale qui prédomine dans le cas présent.
Le choix parcimonieux des variétés florales, beaucoup moins diversifié que dans les compositions d’un Jan Davidsz de Heem, concorde avec ce que l’on observe dans les autres natures mortes du peintre.
Le somptueux ara lui permet également d’accoler aux accords dominants rouge et blanc des fleurs ces tons de jaune et de bleu qu’il affectionne tout particulièrement.
En marge des associations christiques liées à son potentiel de transmission du Verbe, le perroquet semble ici revêtir, en tant qu’objet de luxe et de convoitise, des connotations plus négatives liées à l’hubris et à la Vanité. Nul doute aussi que dans ce contexte, les aspirations imparfaites de l’animal à l’imitation de la voix humaine ne renvoie à nos propres limitations face au transcendant et au divin.
En marge de ces considérations symboliques, il semble peu douteux que l’inclusion de cet animal éminemment exotique ne soit le reflet de l’engouement suscité par les liens commerciaux que développaient à l’époque les Provinces-Unies avec le Brésil. Les planches et les toiles produites par un Pieter Post sous l’impulsion du Prince Maurice de Nassau, véritable compendium de la faune et de la flore brésiliennes, sont particulièrement révélatrices à cet égard et ont assurément contribué au développement des motifs exotiques dans les œuvres des peintres néerlandais de natures mortes de la deuxième moitié du XVIIe siècle, dont Cornelis de Heem fut assurément l’un des plus brillants représentants.
Les œuvres de l’artiste se trouvent dans les musées suivants : Amsterdam, Berlin, Bruxelles, Francfort, Glasgow, Hambourg, La Haye, Milano, Stockholm, Vienne.
1631 Leyden – Anvers 1695
Peintre flamand de natures mortes, il fut le fils et l’élève de Jan Davidsz de Heem, peintre hollandais dont le rôle fut primordial pour l’évolution de la nature morte,...
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Peintre flamand de natures mortes, il fut le fils et l’élève de Jan Davidsz de Heem, peintre hollandais dont le rôle fut primordial pour l’évolution de la nature morte, aussi bien en Flandre qu’en Hollande. Cornelis fut reçu en 1660 dans la corporation d’Anvers, ville où se déroula la plus grande partie de sa carrière. De 1676 à 1681, il réside à La Haye où il est membre de la confrérie des peintres «Pictura». Mais il retourne ensuite définitivement à Anvers.
Ses meilleurs tableaux ne se laissent presque guère distinguer de ceux de Jan Davidsz de Heem. L’œuvre de ce maître est caractérisée par des compositions sobres, présentant des coupes de fruits et, plus tard, des natures mortes mêlant fleurs et fruits dans des arrangements généreux, disposés sur des entablements au fond brun ou gris. Il signait presque toujours ses tableaux en capitales.
Exceptionnel, tant par l’originalité de sa conception formelle que par le raffinement de son exécution, ce panneau surprenant nous montre un Cornelis de Heem au sommet de son art. Dominant formellement et littéralement la composition, un grand ara au plumage chatoyant se dresse perché sur une corbeille renversée d’où se déverse une pléthore de fruits, agrémentée de somptueux boutons de roses, tulipes, œillets et autres variétés florales.