Plume et encre noire, aquarelle et gouache, sur une esquisse au graphite.
Provenance : collection privée.
À la fin du XVIe siècle, certains dessinateurs exercent leurs talents à...
lire la suitePlume et encre noire, aquarelle et gouache, sur une esquisse au graphite.
Provenance : collection privée.
À la fin du XVIe siècle, certains dessinateurs exercent leurs talents à l’exploration et à l’analyse de la nature et étudient les naturalia des collections rassemblées dans les universités. Les feuilles qui nous sont parvenues prouvent que les artistes respectaient les principes de l’illustration scientifique quoique certaines aquarelles représentent divers spécimens choisis et disposés plus pour le plaisir des yeux que par souci de cohérence taxonomique ou de rigueur scientifique.
Sur une esquisse préliminaire au graphite, l’auteur de ces deux petites études varie les coups de plume et de pinceau pour différencier les composantes de l’anatomie des différents insectes : un pointillé léger traduit la transparence des ailes tandis que de courtes lignes parallèles tracées d’une matière chargée rendent la texture velue du thorax et des pattes ou la noirceur des yeux globuleux. Parmi les spécimens représentés sur ces deux feuilles, un énorme scarabée ainsi qu’une imposante grenouille dominent. Les autres spécimens comprennent différentes espèces de coléoptères, d’hyménoptères, de diptères, d’odonates et d’hétéroptères.
Ces deux feuilles montrent non seulement l’extraordinaire habileté de leur auteur dans la description de la nature, mais aussi une délicatesse, une subtilité qui vont bien au-delà de la simple illustration. Il est à ce jour impossible de donner une paternité à ces deux feuilles, leur auteur étant probablement allemand de naissance et de formation, tout en remarquant les similitudes avec des planches de Joris Hoefnagel (1542 Anvers - Vienne 1600), de Jacques de Gheyn le Jeune (1565 Anvers - La Haye 1629) ou celles, plus tardives, d’Anthony Henstenburg (1695 - Hoorn - 1781).
XVIe siècle
Cet élégant double portrait présente la particularité de réunir dans le même champ pictural, mais en léger décalage l’un par rapport à l’autre, les deux époux: l’homme, légèrement...
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Cet élégant double portrait présente la particularité de réunir dans le même champ pictural, mais en léger décalage l’un par rapport à l’autre, les deux époux: l’homme, légèrement projeté vers l’avant de façon à lui servir d’écran protecteur virtuel, est, suivant les conventions de présentation héraldique, représenté à gauche selon le point de vue du spectateur, mais bel et bien à la droite de son épouse dans le champ pictural du tableau. La représentation à mi-corps et de trois-quarts se réfère également à la formule la plus répandue pour le portrait en ce début de XVIe siècle. Cette dernière, outre qu’elle permet la restitution la plus complète d’une physionomie, permet d’obéir encore aux conventions de représentation médiévales, qui réservaient la pleine face à l’image divine, qu’il s’agisse du Salvator Mundi, de l’Ecce Homo ou des représentations de la Trinité. C’est donc la réunion des deux figures dans le même champ pictural qui constitue l’originalité la plus marquante de la mise en page retenue par l’artiste...
De leur côté, le graphisme à la fois incisif et élégant, le sens des couleurs qui se détachent avec netteté du fond noir abstrait ainsi que le sens du détail décoratif (qu’il s’agisse des poils de la barbe de l’homme ou des fines broderies sous coiffe du bonnet de son épouse) sont autant d’éléments qui confèrent son charme spécifique à la représentation et permettent de situer sans ambiguïté son auteur parmi les praticiens du portrait les plus accomplis de l’école alémanique de ce premier quart du XVI ème siècle.