Signé du dragon et daté 1543.
Provenance :
• Louis Ier de Bavière (1786-1868), Nuremberg ;
• vendus en 1832 à Albert Reindel (1784-1853), directeur de l’Académie de Nuremberg ;
• hérité par...
lire la suiteSigné du dragon et daté 1543.
Provenance :
• Louis Ier de Bavière (1786-1868), Nuremberg ;
• vendus en 1832 à Albert Reindel (1784-1853), directeur de l’Académie de Nuremberg ;
• hérité par son fils, Jacob Reindel, puis acquis par Carl Haag (1820-1915) en 1858 ;
• collection privée.
La puissance d’un trait net et marqué, le support d’un fond neutre de couleur attrayante et l’usage d’une lumière uniforme sont autant de caractéristiques qui fondent les bases du portrait dans la peinture allemande du XVIe siècle. Initiateur de ce style, Cranach retranscrit ainsi, avec clarté et concision, l’essence morale de son modèle : un homme amène et bienveillant, mais aussi un penseur soucieux de doctrine et de foi.
Bourgmestre de Wittenberg et peintre attitré de la Cour de Saxe, Cranach entretint très tôt des relations d’amitié avec les humanistes de la Réforme, devenant leur portraitiste attitré. Ces portraits officiels étaient exécutés afin d’être envoyés aux nombreuses cours allemandes attirées par le Protestantisme. Ces tableaux sont aujourd’hui passés à la postérité et font figure d’"icônes" de la Réforme.
Martin Luther (1483-1546) fut l’un des plus éminents théologiens allemands à l’origine du mouvement de protestation qui ébranla l’Eglise au XVIe siècle. Moine augustin et docteur en théologie, il obtint en 1513 la chaire d’Ecriture Sainte de l’université de Wittenberg, où il enseigna à partir de 1515 les Epîtres de Saint-Paul. Très préoccupé par l’idée du salut, il s’éleva contre le trafic des indulgences, reconnu par l’Eglise catholique et fit paraître en 1517 ses 95 thèses, considérées comme le point de départ de la Réforme. Condamné par la papauté en 1520, il fut mis au ban de l’Empire germanique en 1521 mais recueilli par l’Electeur de Saxe, qui devint l’un des plus ardents défenseurs de la foi protestante. Grâce à cette protection officielle, Luther consacra le reste de sa vie à structurer et à défendre son œuvre à l’origine de l’immense bouleversement religieux qu’est la Réforme.
Elève à l’université d’Heidelberg, Philippe Melanchthon (1497-1560) étudia la philosophie avant de se consacrer à la théologie, sous l’influence d’Erasme. Maître d’études, il forgea l’idée d’un christianisme différent de la théologie scolastique enseignée à l’université. En opposition avec la faculté de Tübingen, il quitta son poste pour celui de professeur de grec à l’université de Wittenberg. Tenu en haute estime par Luther, il poursuivit l’oeuvre de son « père spirituel ». Défendant Luther tout en modérant son propos devant l’Église romaine, Melanchthon jeta les bases de la doctrine réformée du christianisme, sous forme de discussions autour de l’Epître aux Romains. Fondée sur les textes de Luther, la confession d’Augsbourg reste son œuvre de référence. Base du Luthérianisme, cette doctrine est le fruit de la collaboration des deux hommes qui tout au long de leur carrière se sont voués fidélité et respect.
Portraitiste des plus grandes figures de son siècle, Cranach l’Ancien fait ici une nouvelle fois preuve de son talent. Initiateur d’un style qui influencera de nombreux artistes, Lucas Cranach séduit au-delà des siècles les plus grands collectionneurs comme les plus grands artistes à commencer par Pablo Picasso, Ernst Ludwig Kirchner ou encore Paul Wunderlich. Figurant dans la collection du peintre orientaliste Carl Haag, ces deux portraits furent achetés aux héritiers d’Albert Reindel qui en avait fait l’acquisition lors de la vente de la collection du Roi Louis Ier de Bavière.
1472 Kronach - Weimar 1553
Lucas Cranach est un des piliers de la création artistique dans le nord-est de l’Allemagne durant la première moitié du XVIe siècle. Il est considéré, avec Hans Holbein...
lire la suite1472 Kronach - Weimar 1553
Lucas Cranach est un des piliers de la création artistique dans le nord-est de l’Allemagne durant la première moitié du XVIe siècle. Il est considéré, avec Hans Holbein le Jeune et Albrecht Dürer comme l’un des principaux représentants de la Renaissance allemande.
A la fois peintre et graveur, ami de Martin Luther et de nombreux humanistes, il traite avec succès des scènes religieuses et mythologiques, des portraits et des nus féminins qu’il identifie souvent à Lucrèce ou à Vénus. Jusqu’en 1498, il étudie avec son père, Hans, qui influença le début de sa carrière. Il voyage ensuite à Vienne, où il semble s’établir en 1500.
Les premières œuvres connues de l’artiste datent de cette période ; ce sont des scènes religieuses où les couleurs éclatantes et expressives sont une preuve de son pouvoir créatif. En 1505, il devient peintre de la cour des électeurs de Saxe. Il décore leurs châteaux, peint leurs portraits et ceux de leurs épouses, exécute des retables et réalise également des sujets profanes. En 1508, l’Electeur Frédéric de Saxe accorde à Cranach son blason au serpent ailé, qui devient la signature de l’artiste. Ses fils Hans et Lucas le Jeune font partie de ses assistants. Imitant fidèlement son style, ils jouèrent un rôle important dans les œuvres produites par son atelier.
Excepté une visite aux Pays-Bas en 1508, le maître réside de façon presque ininterrompue à Wittenberg. Citoyen important, il siège à l’assemblée de la ville en 1519 et exerce la charge de bourgmestre en 1537 et 1540. Malgré les nombreuses influences qui marquent son époque, son œuvre reste fidèle aux traditions gothiques.