
Panneau - 22 cm Tableaux XVe/XVIe, Paysages
Provenance : collection privée.
Ce vaste paysage, réalisé sur un tondo de petit format, compte parmi les réalisations les plus abouties du peintre. D’une précision et d’un raffinement...
lire la suiteProvenance : collection privée.
Ce vaste paysage, réalisé sur un tondo de petit format, compte parmi les réalisations les plus abouties du peintre. D’une précision et d’un raffinement véritablement confondants, ce panneau illustre avec brio toute la maestria de Bol dans son art consommé de la miniature.
L’influence de Brueghel l’Ancien se conjugue ici à un rendu intimiste et tactile des détails naturalistes propre à l’artiste. Avec ce génie qui lui est propre, Bol réussit à développer sur une surface réduite un paysage panoramique, riche en détails et exceptionnel de précision. Le tableau devient fenêtre et le vaste monde qui s’en dégage s’offre au regard du spectateur. L’espace explose littéralement du cadre de bois. Le vent des grandes découvertes anime cette composition et l’ampleur du souffle dégagé par ce panorama interpelle l’homme moderne autant qu’il dut frapper l’imagination de l’amateur au XVIe siècle. Il convient de s’arrêter sur la précision du rendu topographique du paysage urbain, récurrente chez un artiste, reconnu par ailleurs comme l’initiateur de la vue de ville comme genre pictural indépendant. Anvers, la grande métropole des Pays-Bas, s’impose ici dans toute sa splendeur. La capitale économique du Nord de l’Europe est alors aux faîtes de sa gloire. Elle attire dans ce tableau le regard du spectateur, comme elle dût attirer les espoirs et les envies des hommes de la Renaissance. La ville est l’axe central du panorama autour duquel vient se greffer le reste du monde. Peints avec finesse et précision, les détails nous dépeignent une ville bourdonnante de vie, avec son port immense, ses faubourgs ouvriers et la splendeur la tour gothique de sa cathédrale. Anvers ne fut pas la seule ville des Pays-Bas à avoir été peinte par ce grand artiste. Bruxelles, Bergen op Zoom, La Haye et même Amsterdam reviennent ainsi de façon régulière dans ses paysages.
Littérature : Docteur Heinrich Gerhard Franz, Nederlandische Landschattsmalerei im Zeitalter des Manierismus, p 182 à 197.
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1534 Malines - Amsterdam 1593
Dans les années qui suivirent la prise de contrôle de la ville d’Amsterdam par les calvinistes, on constata un redressement de l’économie ainsi qu’un regain...
lire la suite1534 Malines - Amsterdam 1593
Dans les années qui suivirent la prise de contrôle de la ville d’Amsterdam par les calvinistes, on constata un redressement de l’économie ainsi qu’un regain d’intérêt pour les arts. C’est ainsi que de nombreux peintres originaires des provinces du sud des Pays-Bas (la Belgique actuelle) fuirent les troubles entre catholiques et protestants et s’établirent à Amsterdam plutôt qu’à Anvers. Ils contribuèrent ainsi à un renouveau de la peinture de paysage qui connaîtra son apogée au XVIIe siècle. Parmi ces émigrants flamands, Conninxloo, Vinckboons et Hans Bol furent les premiers à s’établir dans la métropole hollandaise.
Né à Malines, Hans Bol fut l’élève de ses deux oncles, Jean et Jacques Bol. On le trouve inscrit à la Gilde de cette ville en 1560. A la suite du pillage de sa cité en 1572, il décida de partir travailler à Anvers où il acquit le droit de citoyenneté. Mais rattrapé en 1584 par la guerre, il entreprit une série de voyages qui le conduisirent successivement à Berg-op-Zoom, Dordrecht et Delft. Il ne se fixera définitivement à Amsterdam qu’en 1586.
Hans Bol se rendit surtout célèbre pour ses paysages aux larges panoramas, étoffés de nombreuses petites figures où l’on retrouve l’esprit de Pierre Bruegel le Vieux dont il contribua pour une large part à accroître la renommée à travers le pays, influençant ainsi toute une génération de peintres.
Jacob Savery de Courtrai et Frans Boels furent ses disciples.