Signé et daté "MR 1628".
Provenance : collection privée.
Ce charmant paysage panoramique au moulin à eau et aux deux moulins à vent résume magnifiquement toute la personnalité de style...
lire la suiteSigné et daté "MR 1628".
Provenance : collection privée.
Ce charmant paysage panoramique au moulin à eau et aux deux moulins à vent résume magnifiquement toute la personnalité de style acquise par Martin Rijckaert lors de son séjour en Italie. Ayant fait la connaissance de Paul Bril à Rome, l’artiste se détache des compositions proches de celles de Brueghel de Velours pour aborder le paysage de manière plus italianisante. Restant flamand par le choix de ses sujets et le pittoresque de ses scènes, Rijckaert mêle à ses œuvres nombre de torrents, de petits bois et d’édicules en ruine qu’il observe au passage des Alpes et qui désormais côtoient les moulins et les douces collines du plat pays.
Rijckaert réalise cette composition en 1628, en pleine maturité de son art. Celle-ci intègre les différentes influences artistiques qui marquèrent l’artiste et qu’il finit par unir en un style bien particulier : les petits personnages du premier plan, vigoureux et chargés de colis, le rapprochent de l’art de Brueghel de Velours. Ces petites silhouettes dynamiques ponctuent de couleurs vives la terre brune. Passé un petit pont, une charmante fabrique abrite un moulin à eau. Au dessus de ce dernier se tient un majestueux moulin à vent. Dans le paysage flamand, il symbolise le cycle et la rotation régulière du temps. Il véhicule aussi l'idée d'un destin équitable pour chacun : tous les grains sont moulus de la même manière et avec la même intensité. Il délivre aussi des messages grâce au positionnement des ailes : formant ici une croix de saint André, elles annoncent la prospérité du meunier, le retour au calme après une bataille. Traité en transparence, un deuxième moulin se profile dans le lointain.
Digne successeur de son maitre anversois Tobias Verhaecht, Ryckaert reste un adepte de la perspective chromatique en traitant la perception de l’espace par un jeu de couleurs. Ainsi, le premier plan est fait de couleurs foncées tirant vers l'ocre, tandis que le deuxième plan est plongé dans des tonalités vertes et blanches. Enfin l'arrière-plan voit se fondre le ciel, la terre et les fleuves dans un fin glacis de bleus et de blancs.
Héritier des paysagistes flamands, mais aussi de la grande tradition issue des artistes qui voyagèrent en Italie, Ryckaert exprime son style à travers la frondaison des arbres, dense et ronde. On reconnaît aussi son art par la présence de l’eau, souvent agitée, contenue dans de petits torrents et de vives cascades. Souvent, à l’instar de notre ravissant panneau, un petit pont vient rendre à la composition tout son pittoresque. Rarement signées, les œuvres de Rijckaert séduisent par la rigueur de leur composition, le caractère enjoué de leur atmosphère, et par une maîtrise parfaite de la couleur. Daté et monogrammé, ce paysage panoramique au moulin à eau et aux deux moulins à vent traduit parfaitement la personnalité de notre artiste : il peut être considéré comme l’un des exemples les plus touchants de son œuvre.
1587 - Anvers – 1631
Peintre flamand de paysages, il fait partie d’une famille de cinq artistes: son père David Rijckaert I, peintre et marchand de tableaux a été son premier maître, puis il fut...
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Peintre flamand de paysages, il fait partie d’une famille de cinq artistes: son père David Rijckaert I, peintre et marchand de tableaux a été son premier maître, puis il fut l’élève du paysagiste Tobias Verhaecht. Maître de la Guilde des Peintres d’Anvers en 1611, il devint également “Membre de la Chambre de Rhétorique”. Ce n’est que plus tard, comme le firent Jan Brueghel I et II, qu’il complètera sa formation par un séjour de plusieurs années en Italie, où il subit l’influence de Paul Bril, qu’il connut à Rome vers 1615-1616. Ces années furent déterminantes pour l’élaboration de sa conception du paysage. Il apprit également à alléger sa palette ce qui apporta à ses tableaux fraîcheur et translucidité. Il invente et perfectionne un style qui lui est personnel: coloris soutenus ou empâtement au premier plan, plus légers et posés en touches vives dans les lointains. En outre, l’agencement de ses tableaux est toujours riche en détails. Ses tableaux sont rarement signés, mais sa conception particulière du feuillage en touffes généralement denses et arrondies, ainsi que certains motifs privilégiés, permettent de l’identifier. Sa manière de rendre l’eau est particulièrement remarquable. Dans ses dernières oeuvres, tout en conservant son talent de coloriste, Martin Rijckaert fait preuve d’un sens et d’une ampleur de composition dignes des plus grands paysagistes.
Il mourut en 1631 en pleine maturité à l’âge de 44 ans.