
Panneau - 49 x 66 cm - SignéScènes de genre, Tableaux XVIIe
Provenance :
• collection Roose-Rubens, château de Bouchout ;
• collection Léopold de Beauffort ;
• château Houpoigne ;
• collection privée.
Vendu au musée de Bruxelles
Au XVIe...
lire la suiteProvenance :
• collection Roose-Rubens, château de Bouchout ;
• collection Léopold de Beauffort ;
• château Houpoigne ;
• collection privée.
Vendu au musée de Bruxelles
Au XVIe siècle, le quartier de Notre-Dame du Sablon connut un développement considérable. Proche de la Cour des anciens ducs de Bourgogne et de Charles-Quint, l’ancienne place du marché aux chevaux s’embellit d’un nombre croissant d’hôtels et de palais aristocratiques. L’église du quartier bénéficiant des faveurs des princes, nombreux furent les guildes militaires qui décidèrent de tenir leur représentation en son sein. La place du Sablon et son église devinrent emblématiques de la vie de cour à Bruxelles et les fêtes qui s’y déroulèrent furent rapidement un sujet à la mode pour l’imagerie populaire bruxelloise. Le 16 mai 1615, la gouvernante des Pays-Bas participa au serment de la guilde des arbalétriers. Représentante du souverain, il lui fallait abattre le plumet au sommet de la flèche de l’église d’un coup de carreau d’arbalète pour devenir reine de la corporation. La scène représentée ici nous montre l’Archiduchesse peu après avoir réussi l’exploit de faire tomber le "papagei". Onze jours plus tard, le magistrat de la ville votait en son honneur un don considérable de 25 000 florins. Isabelle décida que le revenu de cette somme formerait une rente perpétuelle consacrée notamment chaque année à six jeunes filles pauvres, qui devraient participer à une procession autour du Sablon, le lundi de la Pentecôte : la Procession des pucelles. Notre composition s’attache à la représentation du Sablon avec un souci particulier pour les détails et l’anecdote. La scène où l’Infante Isabelle porte l’arbalète se situe à l’extrême gauche du panneau. A l’image de nombreuses compositions religieuses peintes aux Pays-Bas à cette époque, la scène principale se voit reléguée à l’arrière plan de la composition. L’Infante se fait petite et laisse place aux musiciens, à la soldatesque et aux badauds massés devant l’église. Représenter un tel évènement permet également à l’artiste de peindre un des quartier les plus important de la ville. L’ensemble architectural que constitue la place est reproduit avec une grande finesse et beaucoup de précision. Afin d’asseoir la monumentalité du Sablon, le peintre a pris soin d’en reproduire les alentours. L’œil averti de l’historien peut aisément y retrouver les demeures des grandes familles princières de la cour des Habsbourgs : parmi elles notons la résidence des Tour et Taxis, de l’ancien Hôtel d’Orange Nassau ou encore de l’Hôtel d’Edgmont. Dernière des trois versions connues à être encore dans une collection privée, notre tableau semble avoir été à l’origine des deux autres qui se trouvent respectivement aux Musées Royaux des Beaux-arts de Bruxelles et au château de Gaasbeek, dans le Brabant flamand. Vœu d’un riche commanditaire ayant assisté au grand Serment, le tableau s’inscrit parfaitement dans le goût de l’époque pour la représentation des grands événements marquant la vie de la cité. Denijs van Alsloot, David Teniers le Jeune ou Peter Snayers, tous trois contemporains de Sallaert, s’illustrèrent également dans ce genre. Peinte avec grâce et précision, cette œuvre représente un témoignage unique de la vie de Cour dans les Flandres au début du XVIIe siècle.
Littérature : Catalogue des tableaux, marbres, bronzes (…) composant le fonds de commerce de P-J de Marneffe dont la vente publique et aux enchères aura lieu par cessation de commerce, Bruxelles, place de la chancellerie, le 14 mai 1830 (…), Bruxelles, 1830, p.49, n°272 ;
Catalogue des tableaux exposés au musée de la Ville de Bruxelles, Bruxelles, 1832 (rééd. 1836), p.33, n°136.
Plus d'infos
Bruxelles vers 1590 – vers 1657/58
Nous savons qu’Antoon Sallaert entra à la guilde de Bruxelles en 1606 après avoir été l’assistant de Michel de Bordeau, peintre méconnu, officiant à l’époque...
lire la suiteBruxelles vers 1590 – vers 1657/58
Nous savons qu’Antoon Sallaert entra à la guilde de Bruxelles en 1606 après avoir été l’assistant de Michel de Bordeau, peintre méconnu, officiant à l’époque dans la capitale des Pays-Bas méridionaux. Ayant également travaillé à Anvers, probablement dans l’atelier de Rubens, Antoon Sallaert devint maître de sa guilde en 1613 et fut élu doyen en 1633 et en 1648.
Son principal commanditaire fut l’Ordre des Jésuites. Connu pour ses compositions religieuses, le peintre ne dédaigna cependant pas d’illustrer les petits faits de la vie quotidienne dans les Flandres. Vivant à Bruxelles, il orienta tout naturellement une partie de sa production dans la réalisation de cartons de tapisseries. Cette production très dense de cartons (nous en connaissons pas moins de cent vingt réalisés avant 1646) atteste de son active participation à l’essor et au développement de la tapisserie bruxelloise. Antoon Sallaert pratiqua également la gravure et le dessin. C’est d’ailleurs dans son œuvre dessinée que les préceptes acquis lors de sa collaboration avec Rubens sont le plus sensible.
Peintre aux multiples talents, Antoon Sallaert est considéré aujourd’hui comme un des chefs de file de la peinture à Bruxelles à l’époque des Archiducs Albert et Isabelle.