
Panneau - 22,8 x 43,3 cm - Signé et daté en bas au centre : ROELANDT/ SAVERY. 1605 - SignéTableaux XVIIe
Provenance :
• probablement peint pour Rodolphe II à Prague, faisant partie d’une série de six portraits de chevaux apparaissant au n. 1334 dans l’inventaire impérial réalisé à Prague en 1621...
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• probablement peint pour Rodolphe II à Prague, faisant partie d’une série de six portraits de chevaux apparaissant au n. 1334 dans l’inventaire impérial réalisé à Prague en 1621 ;
• Leonard Koetser, Londres, 1961 ;
• Dr. Hans Wetzlar, Amsterdam, à partir de 1963 ;
• collection privée.
En 1604, Roelandt Savery est appelé à la Cour de Prague pour devenir le peintre de Rodolphe II de Habsbourg. Homme érudit et amateur d’art, l’Empereur avait une passion particulière pour l’équitation. Souvent, et comme l’atteste la production de Savery, Rodolphe II commandait des tableaux représentant son animal de prédilection. Afin de trouver les plus belles races, et les plus vaillants étalons, le souverain parcourait de grandes distances à travers son empire dans l’espoir de rentrer à Prague avec un cheval qui lui vaudrait les félicitations et l’émerveillement de la Cour. Visiter les écuries et assister aux entrainements étaient devenus un rite de passage pour quiconque venait séjourner à la Cour pragoise.
Souvent représenté en paire ou associé alors à d’autres espèces dans un paysage luxuriant, ce cheval à la robe alezan brûlé se retrouve dans notre tableau tout seul, juste accompagné de son palefrenier. Cette composition est tout à fait inédite dans l’œuvre de l’artiste. Elégant et altier, ce grand étalon appartient sans nul doute à la race préférée de l’Empereur : un Andalou. Véritable eldorado d’étalons, c’est en Espagne que Rodolphe II partait à la recherche des plus beaux spécimens de l’espèce. Le cheval andalou, né du croisement entre les pur-sang arabes et les destriers apportés par les envahisseurs maures au Moyen-âge, se caractérise par une élégance et une harmonie bien particulière. Le cheval se distingue également pour sa robustesse physique ainsi que par sa prodigieuse aptitude au dressage.
Accompagné dans ce portrait par son soigneur, le grand étalon se détache sur un subtil paysage évanescent, permettant ainsi de faire ressortir toute la beauté de sa ligne. Le vigoureux soigneur paraît presque vulnérable aux côtés de la puissante monture. Il est vêtu d’un habit traditionnel de Bohême.
Exécuté au début de son séjour à la Cour de Rodolphe II, Savery met au point un type de portrait équestre, déjà connu à la Cour des Gonzague à Mantoue au XVIe siècle. Autre fait étonnant, quelques années auparavant, Jacob de Gheyn faisait le portrait des étalons blancs offerts à Maurice de Nassau après la Bataille des Flandres en 1600. Présenté en stricte profil, tenu par un palefrenier, l’étalon de Savery se rapproche étonnamment de ceux peints par de Gheyn. Dans une autre composition conservée au Musée de Courtrai, Savery présente deux profils de chevaux tenus par leurs soigneurs, dans un paysage fantastique. Exemple exceptionnel de la peinture de Roelandt Savery, ce tableau nous dévoile la monture préférée de Rodolphe II, imposante par sa majesté, à l’image de son propriétaire impérial.
Littérature : Current and forthcoming exhibitions, in The Burlington Magazine, vol. CII, no. 698, May 1961, p. 195, reproduit p. 194;
Voorkeuren, 1985, p. 62, reproduit p. 63;
T. DaCosta Kaufmann, L'École de Prague, Paris 1985, pp. 270-1, no. 19-8, reproduit p. 271;
T. DaCosta Kaufmann, The School of Prague. Painting at the court of Rudolf II, Chicago/London 1988, p. 231, no. 19.8, reproduit p. 230;
K.J. Müllenmeister, Roelant Savery. Die Gemälde mit kritischem Oeuvrekatalog, Freren 1988, p. 257, no. 128 A.
Expositions : Laren, 1963, no. 136 (reproduit planche 50);
Laren, 1966, no. 50;
Utrecht, Centraal Museum, Roelant Savery (1576-1639) en zijn omgeving, 1985-6 (non reproduit).
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1576 Courtrai - Utrecht 1639
Roelandt Savery naît probablement à Courtrai en 1576. Il semble avoir quitté très tôt les Pays-Bas méridionaux à cause de ses opinions religieuses “réformées”...
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Roelandt Savery naît probablement à Courtrai en 1576. Il semble avoir quitté très tôt les Pays-Bas méridionaux à cause de ses opinions religieuses “réformées” comme tant d’autres flamands de la fin du XVI° siècle.
Son frère aîné Jacob, chez lequel il fera son apprentissage, arriva à Haarlem sans doute dès 1587, tout comme Hans Bol dans l’atelier duquel Roelandt est très certainement entré à la suite de son frère Jacob, avant de se fixer à Amsterdam en 1591.
Roelandt Savery passa encore quelques temps à Paris auprès du roi Henry IV mais c’est à nouveau un milieu flamand qu’il retrouve à Prague en 1604, répondant à l’appel de Rodolphe II et rencontrant là P. Stevens, B. Spranger, G. Hoefnagel et E. Sadeler qui sera son principal graveur. Après un très important séjour dans le Tyrol de 1606 à 1608, Savery reste de toute évidence au service de l’empereur Mathias après la mort de Rodolphe II en 1612 ainsi que l’attestent les registres de la cour.
En 1613 cependant, il obtient la permission de rentrer aux Pays-Bas. Il se rend alors à Amsterdam, probablement pour y régler la succession de son frère mort récemment; il y résidera de façon intermittente entre 1614 et 1619. A cette date, il s’installe à Utrecht où il est admis dans la Gilde des peintres de Saint-Luc. Son talent unanimement reconnu et sa personnalité prodigieusement dynamique lui valurent une réputation internationale qui lui permit très tôt de rayonner auprès de nombreuses cours européennes.
Essentiellement peintre de paysages et d’animaux, exceptionnellement de scènes de genre, Roelandt Savery ne s’adonnera à la représentation de la nature morte et notamment de bouquets qu’à son retour en Hollande. Il meurt à Utrecht le 25 Février 1639. Il eut pour élève son neveu Hans Savery, Willem van Nieulandt et, en 1594, Gillis d’Hondecoeter, A. van Everdingen et Isaac Major.
Son œuvre féconde et talentueuse qui figure dans les plus importants musées et collections privées européennes le situe au delà des concepts modernes et rigoureux d’école de peinture et lui permet de figurer parmi les plus importants peintres de son époque.