Provenance : collection privée.
Par l’ampleur panoramique de sa composition d’ensemble, le rendu détaillé de détails anecdotiques foisonnants, ainsi que la qualité du traitement pictural qui...
lire la suiteProvenance : collection privée.
Par l’ampleur panoramique de sa composition d’ensemble, le rendu détaillé de détails anecdotiques foisonnants, ainsi que la qualité du traitement pictural qui s’y déploie, cette paire de petits cuivres se distingue d’emblée comme l’une des réalisations les plus emblématiques de la production raffinée de cet artiste de transition que fut, à la charnière des XVIe et XVIIe siècles, Mathys Schoevaerdts.
Tandis que le paysage fluvial se concentre sur la représentation de scènes industrieuses de mouvements et déplacements (qu’il s’agisse d’ailleurs de paysans, de voyageurs ou de bétail), c’est un versant beaucoup plus festif et contemplatif qui s’exprime dans le premier des deux pendants, tout entier consacré à l’illustration détaillée d’une fête villageoise. L’énumération exhaustive des topoï du genre serait fastidieuse mais il convient de souligner que, de la foule absorbée dans la contemplation d’une arlequinade montée sur un tréteau de fortune à la vendeuse de pommes de terres de l’avant-plan, en passant par les jeunes garçons jouant au cerceau, les détails savoureux ne manquent pas et révèlent la main habile d’un maître se sentant également à l’aise dans la caractérisation expressive de groupes de figures que dans la définition d’un espace paysager et architectural cohérent. Un ultime détail qui ne manque de frapper lors d’un examen plus attentif est fourni par les gravures, à n’en pas douter pieuses, accrochées à même le mur sur le flanc gauche de l’église de l’arrière-plan : une façon amusante pour le peintre, et sans doute aussi un peu subversive, d’introduire la mise en garde moralisante et vénale des marchands du temple dans cette célébration paisible des activités et détentes villageoises.
Circa 1665 - Bruxelles après 1702
Né probablement vers 1665, Mathys Schoevaerdts entre en apprentissage à Bruxelles chez le paysagiste Adrien Boudewijns en 1682.
Admis comme Maître huit ans plus...
lire la suiteCirca 1665 - Bruxelles après 1702
Né probablement vers 1665, Mathys Schoevaerdts entre en apprentissage à Bruxelles chez le paysagiste Adrien Boudewijns en 1682.
Admis comme Maître huit ans plus tard, il assume les fonctions de doyen de la corporation des Peintres de Bruxelles de 1692 à 1696. Il fut très apprécié de son vivant et durant tout le XVIIIe siècle. A en juger par les sites de certaines de ses œuvres, il séjourna vraisemblablement en Hollande. Tout en abordant occasionnellement la scène de genre, il se consacra aux vues de villes et surtout aux paysages. Une partie de son œuvre semble être inspirée de Jan Brueghel de Velours dans la représentation minutieuse de scènes de marché et de réjouissances populaires.
Si Mathys Schoevaerdts, au début de sa carrière, reste fidèle à l’esprit de Jan Brueghel, le goût du temps le pousse à exécuter avec un soin précis des scènes villageoises, des paysages animés de personnages avec un souci narratif évident. Ils offrent en outre un intérêt fondé sur l’exactitude du site ou l’évocation des fêtes populaires. Plus tard, son œuvre subit l’influence de paysages italianisants et ses tableaux gagnent en délicatesse d’exécution et en profondeur.