Provenance : propriété d’une famille noble italienne.
Maître incontestable de la scène de genre, David Teniers nous livre avec ce Saint Jérôme, un exemple inédit d’un thème qu’il abordera tout au...
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Maître incontestable de la scène de genre, David Teniers nous livre avec ce Saint Jérôme, un exemple inédit d’un thème qu’il abordera tout au long de sa carrière : les saints pénitents. Contrairement aux compositions classiques du peintre dans lesquelles il insère le saint personnage dans un vaste paysage, devant une grotte ou sous des arches en ruine, Teniers invite ici le spectateur dans l’intimité du saint, retiré dans sa grotte. Assis sur une imposante dalle de pierre, le lion reposant à ces côtés, Saint Jérôme s’adonne pieusement à la lecture devant un autel de fortune. Vêtu d’un drapé sculptural rouge, son regard s’échappe vers l’extrémité gauche de la composition, songeant aux fautes qui l’ont éloigné des voies de l’Évangile.
Retiré dans une solitude profonde, et pleurant ses péchés, Saint Jérôme n’a avec lui de précieux que les livres qu’il a rapportés de ses voyages. Disposés aux pieds de l’autel, les quatre volumes rappellent ceux déposés aux pieds de Saint Antoine dans une des compositions du Louvre(1), de même que les objets reposant sur l’autel : un sablier et un crâne, symboles de vanité, ainsi qu’un crucifix. Aussi, contrairement aux vastes compositions des années 1630, Teniers propose au spectateur de pénétrer dans l’intimité du saint. Dans notre panneau, les lourdes plaques de roches permettent au peintre de décliner des nuances de brun, d’ocre, et de jaune, qui éclairent un fond de délicates nuances.
Lorsqu’il fut nommé conservateur et peintre officiel de Léopold Guillaume d’Autriche à Bruxelles en 1651, Teniers a pu observer dans les collections du Palais Coudenberg un Saint Jérôme de Dosso Dossi.(2) Visiblement impressionné par cette toile, il en fait un pasticcio conservé aujourd’hui dans une collection privée. C’est dans une lumière plus chaude et plus douce qu’il choisit de traiter notre Saint Jérôme, donnant moins de tensions à la posture du Saint, et donnant au regard une intensité presque apaisée qui nous indique qu’il en a bientôt fini avec ses démons.
(1) David Teniers, Tentation de Saint Antoine, signé D.TENIERS.FEC, panneau : 63 x 50, Paris, Musée du Louvre.
(2) Dosso Dossi, Giovanni de Lutero dit (1489-90/1542), Saint Jérôme, c. 1518-1519, peinture sur toile, 50,3 x 74,2 cm, Vienne, Kunsthistorisches Museum.
1610 Anvers - Bruxelles 1690
David Teniers compte avec Adriaen Brouwer parmi les plus grands peintres flamands de genre du XVIIe siècle. Ses scènes villageoises servirent de modèle aux...
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David Teniers compte avec Adriaen Brouwer parmi les plus grands peintres flamands de genre du XVIIe siècle. Ses scènes villageoises servirent de modèle aux tapisseries des XVIIe et XVIIIe siècles. Doyen de la Gilde de Saint-Luc d’Anvers en 1645, il s’installe à Bruxelles en 1651 où l’archiduc Léopold Guillaume le nomme peintre de la Cour et administrateur de sa collection. Ses premières scènes de genre accusent l’influence d’Adriaen Brouwer et il peint à ses débuts des paysages à la manière de Jan Brueghel et de Paul Bril. Il acquiert par la suite un style personnel qui allie les tons clairs à des coloris chauds. Ses thèmes se diversifient et il réalise outre des scènes rustiques, des tableaux où apparaissent des magiciens, sorcières, médecins et alchimistes. Les personnages font parfois place à des singes ou à des chats costumés. Teniers s’inspire en outre de sujets religieux, mythologiques et littéraires : il peint des allégories et des évènements contemporains ainsi que des portraits. En ce qui concerne les scènes de genre, Teniers a considérablement élargi le répertoire de Brouwer, multipliant les kermesses et autres réjouissances populaires. Et c’est dans des tableaux comme “La fête paysanne” du Prado à Madrid, “Le buveur attablé” du Louvre, ou “La tabagie” au Musée du Petit Palais, que l’art de ce grand peintre exulte.