Provenance :
Collection privée
Dans la première décennie du siècle, à Paris et dans les provinces nordiques, se développe de manière simultanée à la multiplication des collections botaniques,...
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Collection privée
Dans la première décennie du siècle, à Paris et dans les provinces nordiques, se développe de manière simultanée à la multiplication des collections botaniques, la peinture de fleurs sur vélin. Le goût pour la nature vivante qui occupe tout le XVIIe siècle est à mettre en étroite corrélation avec le développement de la peinture florale. Devant la vogue chez les curieux des collections botaniques et de l’art du jardin, les villes multiplient les espaces verts. La culture des fleurs naturelles est aussi une véritable passion : dans ses Caractères, La Bruyère brosse d’ailleurs le portrait de l’amateur de tulipes. Mais dans les cabinets, la collection botanique est à la fois livresque et pratique : on y trouve des herbiers, des recueils de planches naturalistes. Le recueil de Daniel Rabel aujourd’hui conservé dans le cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale de France est un des plus remarquables : ayant appartenu à Mazarin, il compte pas moins de cent planches à sujet de fleurs. Ces nombreuses planches étaient souvent gravées et circulaient parmi les peintres, mais aussi brodeurs, et orfèvres de France et de l’étranger.
Appréciées de ses contemporains pour leur qualité de trompe-l’oeil, bien des œuvres de Jan van Kessel furent destinées à orner ces espaces réservés aux curieux. Ce sont les collectionneurs qui forment des cabinets de tableaux dans lesquels se trouvaient nombre de natures mortes et planches comme cette étude de papillons, abeilles et coléoptères, avec une branche fleurie de cerisier et de bourrache peinte par Jan van Kessel. Une délicate branche de cerisier est disposée au centre de la composition ; autour d’elle gravitent de petits insectes rampants et de majestueux papillons. Des fleurs de bourrache viennent compléter l’assortiment végétal.
Contemporain du baroque de Rubens, Jan van Kessel s’inscrit plus volontiers dans la lignée de l’Ecole ganto-brugeoise et de ses miniaturistes actifs durant la Renaissance des Pays-Bas et de l’Europe du Nord. Joris Hoefnagel et Georg Flegel ont laissé de fabuleuses compositions représentant des coléoptères et lépidoptères parfaitement identifiables. Les insectes, coquillages et fleurettes semblant plus grands que nature, témoignent de l’emploi d’un instrument grossissant : le microscope, invention hollandaise, marque un progrès déterminant pour ces artistes naturalistes, au même titre que pour les zoologistes.
Comme dans la composition du Getty , l’agencement des objets est raffinée, et les couleurs chatoyantes. A l’image de Joris Hoefnagel , Jan van Kessel conserve le fond clair et neutre du vélin. Comme le cuivre, il contribue au rendu lumineux des insectes et fleurs, faisant de celle-ci une étude vivante. La lumière traduit de manière analytique chaque élément, et créé ainsi des ombres subtiles et délicates. Par la liberté qu’il s’octroie dans la disposition de ces insectes et des coquillages, il se démarque de Hoefnagel, qui utilise la symétrie comme architecture de ses études. Il se rapproche ainsi de Georg Flegel par une ordonnance scandée.
Jan van Kessel montre ici toute sa personnalité et sa volonté de donner un caractère artistique et original à ses études. D’autres études d’insectes signées de la main de Kessel sont également visibles au Museum Folkwang d’Essen, au Rheinisches Landesmuseum de Bonn, et au Musée des Beaux-Arts de Strasbourg . Très recherchées et appréciées de son vivant, les études de fleurs et d’insectes sur parchemin de Jan van Kessel connaissaient un franc succès. Aujourd’hui, il en est de même : par son caractère précieux et exotique, cette Etude de papillons, abeilles et coléoptères, avec une branche fleurie de cerisier et de bourrache séduira, à l’image du curieux du Grand Siècle, l’amateur de réalisme et de poésie.
1626 – Anvers – 1679
Petit fils de Brueghel de Velours par sa mère, neveu de Jan Brueghel le Jeune et de David Teniers, Jan van Kessel fut davantage influencé par son grand-père et son oncle que...
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Petit fils de Brueghel de Velours par sa mère, neveu de Jan Brueghel le Jeune et de David Teniers, Jan van Kessel fut davantage influencé par son grand-père et son oncle que par son apprentissage auprès de Simon de Vos.
Il se spécialisa dans la peinture d’animaux, d’oiseaux, de batraciens et d’insectes qu’il introduisait notamment dans des tableaux représentant les quatre éléments, les quatre parties du monde (Musée de Cambridge, de Madrid, de Prague, de Strasbourg), des allégories, des fables ainsi que dans des pièces de cabinet de très petits formats. Jan van Kessel est aussi un des plus brillants peintres de fleurs du siècle. Ses roses, souvent de couleur rose, ou ses tulipes sont finement détaillées et disposées en bouquets aérés. Cette finesse du détail se retrouve dans ses natures mortes de fruits et dans la représentation d’objets qu’il y introduit : plats, corbeilles, vases. Le charme de ses compositions, et leur exécution fine et précise ainsi que les tonalités vives et soutenues de ses coloris font de Jan van Kessel un des peintres flamands les plus attachants et des plus appréciés.
Cette somptueuse nature morte est exceptionnelle à plus d’un titre. Sa taille permet, en effet, à l’artiste de se livrer à un exercice d’une virtuosité rarement égalée. Jan Van Kessel introduit dans ce panneau la quasi-totalité de ses thèmes de prédilection. La corbeille de fleurs, les fruits déposés dans de précieux plats en porcelaine de Chine, le fourmillement d’animaux, d’insectes et de légumes sont autant de sujets traités indépendamment par le peintre tout au long de sa vie. D’un tableau à l’autre, et sans jamais se répéter, Jan van Kessel charmait les amateurs de son époque par ses petits banketjes colorés, peints avec cette touche à la fois libre et émaillée qui caractérise si bien son travail.